Les compte-rendus des réunions du collectif
Afghanistan : la situation s'est détériorée ces derniers mois, selon Ban
29 septembre 2008, Centre d'actualités de l'ONU – La situation sur le plan de la sécurité en Afghanistan s'est détériorée ces six derniers mois avec une multiplication des attaques par des éléments antigouvernementaux, estime le Secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon dans un rapport rendu public lundi.
« Indépendamment des progrès enregistrés dans certains domaines, mon impression générale est que la situation dans le pays s'est détériorée au cours des six derniers mois », déclare M. Ban dans ce rapport remis au Conseil de sécurité de l'ONU. « L'influence des insurgés s'est étendue au-delà des zones traditionnellement instables et s'est intensifiée dans les provinces voisines de Kaboul. Les incidents liés aux activités transfrontières menées depuis le Pakistan se sont sensiblement multipliés, et les moyens utilisés sont en outre devenus plus sophistiqués », ajoute-t-il.
Il note toutefois des progrès « dans les préparatifs pour l'enregistrement des électeurs, de même que dans la lutte contre les stupéfiants, avec une diminution de la culture du pavot et de la production d'opium ».
La situation humanitaire s'est aussi détériorée au cours des derniers mois, « en partie à cause du conflit en cours et en partie en conséquence de la coïncidence des crises », relève M. Ban. « Le problème humanitaire le plus urgent tient au fait que la sécheresse et le cours mondial élevé des denrées alimentaires ont entraîné des pénuries de vivres dont souffre un sixième de la population du pays. Cette situation exige une intervention urgente, dans une perspective à court aussi bien qu'à long terme », écrit-il.
A l'avenir, sur le plan de la sécurité, Ban Ki-moon se dit « fermement convaincu que la tendance négative peut être inversée. La Conférence de Paris, qui s'est tenue en juin, a offert un programme et une feuille de route ».
Il estime toutefois qu'un « changement de rythme et d'orientation s'impose ». « Il est évident que nombre des engagements pris à Paris ne peuvent être réalisés à court terme. Néanmoins, toutes les parties à la Conférence de Paris doivent tout mettre en œuvre pour honorer aussi vite que possible les engagements qu'elles ont pris. Il est primordial que les Afghans commencent à constater rapidement et clairement que nous nous sommes engagés sur une autre voie, qui ne manquera pas de produire des résultats », ajoute-t-il.
Les Afghans « doivent constater que la corruption est punie et la compétence récompensée. Les civils doivent être protégés, non seulement du terrorisme et de l'insurrection, mais aussi des conséquences fortuites des opérations militaires progouvernementales. Ils doivent éprouver un sentiment de confiance plus profond en la communauté internationale, aussi bien civile que militaire, et en particulier envers leur propre gouvernement », dit-il.
Déploiement d'une banderole contre la guerre en Afghanistan sur le pont de Tolbiac
PARIS, 21 sept 2008 (Agence) - Des opposants à la présence militaire française en Afghanistan ont déployé dimanche matin sur le pont de Tolbiac (XIIIe arrondissement de Paris) une banderole appelant les parlementaires à s’opposer lundi au maintien des forces françaises dans ce pays, a constaté une journaliste (...).
En présence d’une centaine de personnes à l’appel du Mouvement de la Paix, deux personnes sont descendues en rappel le long du pont pour déployer une large banderole rectangulaire sur laquelle était inscrit "Afghanistan : ne votez pas la guerre" "Aujourd’hui, Journée Internationale de la Paix, nous avons voulu interpeller les parlementaires qui vont voter demain la prolongation de la guerre en Afghanistan", a expliqué Catherine Rio, porte-parole du Mouvement de la Paix. "Au début de sa présence en Afghanistan, l’armée française avait un rôle particulier, de sécurité, d’aide, de formation de l’armée afghane" a-t-elle ajouté. "Mais depuis environ un an, il y a un revirement, vers un rôle offensif. La population afghane ne se sent pas protégée, et se tourne vers les talibans". "Il est irréaliste de penser que les militaires peuvent partir d’Afghanistan du jour au lendemain. Nous demandons que la priorité soit donnée à la reconstruction", a pour sa part affirmé Yves-Jean Gallas, vice-président de ce mouvement qui rassemble selon lui "entre 30 et 35 organisations politiques, syndicales, associatives". Samedi, 3.000 personnes selon les organisateurs, 2.000 selon la police ont manifesté à Paris à l’appel du collectif "Otan-Afghanistan : ni guerre ni alliance militaire, paix, liberté, démocratie" pour réclamer le retrait des troupes françaises d’Afghanistan. Des manifestations similaires se sont déroulées dans une dizaine d’autres villes en France.
21 Septembre 2008 : Ne votez pas la guerre
Video de CulturePaix
Afghanistan : Non à la guerre et à l'occupation
Oui à la Paix, à la démocratie et à la reconstruction
Retrait des troupes françaises, Non à l'Otan
Le 22 septembre à l'Assemblée Nationale "le Gouvernement soumettra à l’autorisation du Parlement la prolongation de l’intervention des forces armées en Afghanistan". La manifestation du 20 septembre entend faire entendre notre voix dans ce débat.
Dès l’arrivée des nouvelles troupes françaises déployées en Afghanistan sur des objectifs militaires et ainsi que nous l’avions craint, dix soldats français sont tombés et d’autres sont blessés. A mesure que les combats s’amplifient, les bavures se multiplient : les opérations et les bombardements de l’OTAN font des centaines de victimes civiles, aggravant chaque jour le ressentiment des populations et le rejet d'une présence militaire étrangère de plus en plus considérée comme une occupation.
Le bilan de la présence militaire en Afghanistan décidée par le Conseil de sécurité en 2001 et assumée aujourd’hui par l’Otan est dramatique. Le pays s’enfonce dans le bourbier de la guerre, de la corruption, de la misère et du trafic de drogue. L’insécurité s’est développée. Dans cette situation, les taliban risquent de recueillir une nouvelle légitimité. Les aides internationales promises, quand elles se concrétisent, ne parviennent que rarement aux populations, tandis que d’énormes moyens sont dilapidés dans la guerre et la destruction.
Il est temps de mettre en oeuvre une solution politique internationale fondée sur la solidarité et la coopération des peuples, qui donne la priorité à l’aide d’urgence, à la reconstruction et aux droits du peuple afghan, en particulier aux droits des femmes. Un retrait des troupes de l’Otan s’impose.
Parce que nous repoussons la vision guerrière et manichéenne de «la guerre des civilisations», nous refusons la décision d'intégrer la France dans le haut commandement militaire de l'OTAN. Nous refusons une France alignée sur la stratégie américaine cherchant à faire de l'Union européenne le pilier européen de l'OTAN. Cette politique est une source de nouvelles dépenses militaires au détriment des immenses besoins sociaux.
La France doit faire prévaloir une politique indépendante fondée sur le droit, l'exigence de sécurité collective et préventive et le désarmement et développer avec tous les pays des coopérations en faveur du développement durable et des Droits de l’homme.
Nous demandons aux parlementaires et au Président de la République d'ordonner le retrait du dispositif militaire français et de travailler à une solution qui favorise la reconstruction et la souveraineté de l'Afghanistan.
Nous demandons au Président de la République de renoncer à l'intégration de la France dans l'OTAN.
Nous appelons à participer à la journée nationale d’action
le samedi 20 septembre 2008A PARIS, Manifestation à 14H00 Place de la République
A BORDEAUX, Rassemblement à 14h00 Place Saint Projet
A CAEN, Rassemblement à 14h30 Place du Théâtre
A TOULOUSE, Manifestation à 11H00 devant la statue de Jaurès, métro Capitole
A ANGERS, Rassemblement à 14H30 devant la préfecture avec dépôt de motion
A CARCASSONNE, Rassemblement à 10H30 Porte des Jacobins
A CAHORS, Rassemblement à 11H00 sur le Parvis de la Mairie
A SAINT NAZAIRE, Rassemblement à 16H Place des droits de l'homme
A MARSEILLE, Rassemblement au Vieux Port à 15H
A LYON, Rassemblement Place des Terreaux à 14h
A PAU, Manifestation à 15h00 devant la préfecture
A SAINT-ETIENNE, Rassemblement (vendredi 19) à 17H30 Place Jean-Jaurès
A SAINTES, Rassemblement (vendredi 19) à 18h à la sous-préfecture
A QUIMPER, Rassemblement (vendredi 19) à 18H Place de l'hôtel de villeCollectif Otan-Afghanistan
Paris le 8 septembre 2008
Afghanistan : un enlisement meurtrier
La paix demande une réelle solution politique internationale
Le 19 août 2008, dans la zone de combat contre les Talibans, dix jeunes soldats français sont tombés, victimes de faits de guerre.
Avec leurs familles et leurs proches, nous pleurons le gâchis de ces dix jeunes vies réduites à néant pour des intérêts qui ne sont pas les leurs.
Depuis avril, en même temps que la réintégration de la France dans les plus hautes instances de décision de l’Otan, le gouvernement français a décidé l’envoi de nouvelles troupes en Afghanistan pour des missions de guerre et non plus pour des raisons de formation de policiers et de militaires. Les propos tenus ce matin même à Kaboul par le Président de la République restent dans la même tonalité guerrière et jusqu’au-boutiste.

Or le bilan de la présence militaire en Afghanistan décidée par le Conseil de sécurité en 2001 et assumée par l’Otan est dramatique. Le prétexte de la « lutte contre le terrorisme » ne résiste pas à une analyse attentive de sa réalité, et il représente un amalgame erroné de situations très différentes d'un pays à un autre.
L’aide au développement promise n’est toujours pas arrivée malgré plusieurs conférences internationales, la dernière en juin dernier, pour relancer le processus.
L’aveuglement de l’Otan sur l’usage de la force est catastrophique : non seulement, rien n’est réglé mais la situation continue de se détériorer avec l’expansion de l’insécurité des populations. Selon des sources officieuses françaises, l'Otan est dans «une impasse militaire totale et durable».
Seule la mise en oeuvre d’une solution politique internationale qui donne la priorité à l’aide d’urgence, à la reconstruction et aux droits du peuple afghan peut permettre de sortir de ce bourbier.
La France et l’Union Européenne doivent, de façon libre et indépendante, aider au développement de l’Afghanistan et de sa population et consacrer l’argent dépensé pour la guerre à la reconstruction de cet Etat, à la restructuration et à la remise en marche d’une économie réelle qui ne soit pas aux mains des trafiquants.

Nous demandons au Président de la République française de renoncer à l’envoi de nouvelles troupes en Afghanistan et de rapatrier celles qui sont là-bas pour mener une guerre injustifiée et non pas pour aider à la reconstruction du pays.
Nous lui demandons aussi de prendre toute la distance possible avec l’OTAN qui, ici comme dans le Caucase, est un facteur de guerre et non pas de paix.
Nous ne voulons plus de morts sur les champs de bataille mais des hommes vivants développant avec tous les pays des coopérations en faveur de la paix, du développement durable et des droits de l’homme.Le Mouvement de la Paix va proposer à ses partenaires du collectif « OTAN-Afghanistan » de se réunir dès que possible pour décider des actions à mener contre la dérive aveugle à laquelle nous assistons.
Saint Ouen le 20 août 2008
COMMUNIQUE DU MOUVEMENT DE LA PAIX
MAISON DE LA PAIX, 9 rue Dulcie September – 93400 Saint-Ouen
Tel : 01 40 12 09 12 - Fax : 01 40 11 57 87
Site web : www.mvtpaix.org - mail : national [à] mvtpaix.org
Agréé Association Nationale de la Jeunesse et d’Education Populaire
Contact Presse : Catherine Rio, Attachée de presse, catherine.rio [à] mvtpaix.org
Le président afghan Hamid Karzaï et Nicolas Sarkozy le 20 août 2008
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Retrait des troupes françaises d’Afghanistan
La France doit sortir de l’OtanDix soldats tués, une vingtaine de blessés : le contingent français connaît le sort de toutes les armées d’occupation qui mènent la sale guerre contre l’Afghanistan sous la houlette de Bush et le drapeau de l’OTAN. Si des dizaines de soldats de cette coalition ont déjà été tués, c’est par centaines qu’on compte les victimes afghanes, en grande majorité des civils. Dans cette guerre, il y a deux camps ; celui des agresseurs et des occupants impérialistes et celui du peuple afghan qui se bat contre l’occupation de son pays. Nous sommes solidaires de son combat pour son indépendance, sa souveraineté.
Comme les cercueils de soldats nord-américains revenant d’Irak et d’Afghanistan l’ont fait dans l’opinion publique aux USA, ces morts suscitent de plus en plus d’interrogations et de contestation sur les objectifs de l’engagement de troupes françaises en Afghanistan.
Loin d’envisager leur retrait, Sarkozy en rajoute sur l’engagement de la France dans la « guerre contre le terrorisme » lancée par Bush, reprenant les mêmes arguments qui servent de justification depuis des années à toutes les guerres d’agression contre les pays et les peuples, pour le contrôle des matières premières, du pétrole, du gaz, et des pipelines qui servent à les acheminer vers les métropoles impérialistes.
L’oligarchie US, qui contrôle le système financier et le puissant complexe militaro industriel, confrontée à une très profonde crise qu’elle exporte partout dans le monde, multiplie les guerres et les provocations contre tous ses rivaux, pour les déstabiliser, pour créer un climat de confrontation permanente à coups de conflits et de guerres « locales » qui risquent de dégénérer en guerre généralisée.
C’est l’administration Bush qui a poussé le régime géorgien dans la guerre contre l’Ossétie, à laquelle le régime de Poutine-Medvedev a répondu par une guerre éclair (1).
En réponse, Bush a convoqué les membres de l’Otan, comme au temps de la confrontation entre les deux blocs et a réitéré sa volonté de faire rapidement entrer la Géorgie et l’Ukraine dans l’Otan. Le déploiement des fusées et des bases US se poursuit en Pologne, comme dans d’autres pays de l’Est, aux frontières directes avec la Russie. C’est dans cet Otan, dans cette politique belliciste que Sarkozy veut engager notre pays.Nous sommes de plus en plus nombreux à dire « non » à cette politique de guerre qui engloutit des milliards d’euros qui n’iront ni à l’éducation, ni à la santé, ni à la protection sociale.
En exigeant le retrait de l'Afghanistan et en disant "non" à l'alignement de la France sur l’Otan, nous contribuons concrètement à combattre la politique de guerre de l'impérialisme.
Faisons grandir cette exigence partout, dans le mouvement ouvrier et syndical, dans la jeunesse, dans le mouvement populaire.Paris, 19 août 2008
PARTI COMMUNISTE DES OUVRIERS DE FRANCECourriel : pcof (à) pcof.net – Site : www.pcof.net
(1) Voir notre communiqué « Halte à l'escalade impérialiste dans le Caucase ! » du 12 août.
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11 juin 2008 : Le collectif Otan-Afghanistan appelle à une journée nationale d'actions Les organisations du collectif invitent à organiser dans tous les départements des délégations dans les préfectures et/ou sous-préfectures pour signifier le refus d'envoi de troupes en Afghanistan et la réintégration de l'Otan. Faites-nous part des heures et lieux de rendez-vous.
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Paris, 11 Juin 2008 : Manifestation contre l'envoi de nouvelles troupes françaises en Afghanistan et contre le retour de la France dans les instances de l'OTAN A la veille de la conférence internationale sur l'Afghanistan, le collectif Otan-Afghanistan appelle à une mobilisation nationale le 11 juin, à Paris et devant chaque préfecture, dans chaque département. |
Ni Bush, Ni guerre, ni Otan : Manifestation à Paris le 13 juin 2008 Pour la Paix et la Justice, la démocratie, et le respect du droit des peuples Les 13 et 14 juin, à un moment où le gouvernement français accentue son alignement inacceptable sur la politique des États-Unis, et à la veille de la présidence française de l'Union Européenne, George Bush sera reçu à Paris par le Président Sarkozy. Cette venue doit être l'occasion que s'exprime dans la rue comme aux Etats-Unis et dans le reste du monde le rejet populaire de la politique de domination et de guerre de Bush dont Sarkozy se fait complice. |
Bucarest, la « journée des dupes ». Qui a gagné ?
Le sommet de l'OTAN qui s'est tenu à Bucarest, les 2 et 3 avril, a été une grande kermesse médiatique : 60 pays, invités et journalistes à profusion. Que gardera l'histoire de cette réunion ? Qui en est sorti gagnant ? George W. Bush ? Nicolas Sarkozy ? La paix du monde ? J'ai le sentiment que ce fut surtout une sorte de « journée des dupes »...
Lire l'article de Planète Paix n°532, Mai 2008 (PDF, 1226 Ko)
Otan ? Non merci ! Qu’irait-on faire dans cette galère ?
« L’Otan n’a plus lieu d’être » déclare Pierre Villard, co-président du Mouvement de la Paix.
En annonçant la réintégration de la France dans le commandement militaire de l’Otan, Nicolas Sarkozy donne un gage de plus à son ami George Bush, suprême va-t’en-guerre de la Planète.
Après l’annonce de l’envoi de troupes supplémentaires en Afghanistan pour voler au secours des USA en grandes difficultés, cette annonce très personnelle se fait encore une fois sans avis de la représentation nationale.
L’élection de Nicolas Sarkozy à la Présidence de la République ne lui donne pas tous les droits ! « En privilégiant le dernier vestige de la guerre froide, non seulement il s’inscrit dans le rétroviseur de l’Histoire, mais il expose notre pays aux actions de groupes terroristes qui trouvent dans la politique agressive de George Bush les meilleurs arguments de leur développement au détriment des populations qu’ils terrorisent » analyse Pierre Villard co-président du Mouvement de la Paix.
La France hors du commandement de l’Otan dispose d’une liberté de ton qui lui a permis notamment de s’opposer à l’aventure Etats-unienne en Irak. Elle pourrait mieux et plus en user pour ouvrir une nouvelle ère des relations internationales, celle de l’après Empire qui est en train de s’écrire et dont elle risque d’être écartée. Intégrer l’Otan sans la moindre contrepartie tient de l’imbécile allégeance idéologique mais brade d’un seul coup l’intérêt de la France, de l’Europe et de la paix du monde.
Ce retour dans les structures militaires de l’Otan s’accompagnera inévitablement de crédits militaires supplémentaires. « Les caisses de l’Etat ne sont pas vides pour tout le monde » remarque Pierre Villard. Au moment où le gouvernement justifie des réductions drastiques des dépenses de l’Etat, les richesses de notre pays continuent d’être dilapidées pour les préparatifs de guerre (nouveaux missiles, nouveaux sous-marins, renfort en Afghanistan, …)
« En préparant la guerre, on finit par la faire. C’est très grave » s’inquiète le dirigeant pacifiste qui considère que « l’Otan n’a plus lieu d’être. Dans notre monde globalisé où la sécurité des uns passe par la sécurité des autres, il reviendrait à la France de tout mettre en œuvre pour promouvoir les outils multilatéraux de sécurité, sous l’égide de l’Onu ».
Communiqué du Mouvement de la Paix
Saint-Ouen, le 4 avril 2008
Sarkozy l'américain engage notre pays à la remorque de Bush-la-guerre
Après avoir annoncé l'envoi de renforts militaires français devant le parlement britannique, Sarkozy a confirmé cette décision devant les représentants de l'Otan, réunis à Bucarest. Entre temps, Fillon a été chargé "d'informer" le parlement et de justifier ce renforcement de l'engagement militaire français en Afghanistan par l'argument éculé de la solidarité occidentale dans la lutte mondiale contre le terrorisme.
C'est la porte ouverte à la participation pleine en entière à la "guerre sans fin" de Bush.
Dans la foulée, Sarkozy a annoncé la décision de réintégrer toutes les structures militaires de l'Otan, avant la fin de l'année. Il prétend avoir obtenu en contrepartie, l'accord des dirigeants nord-américains et britanniques au développement d'une « défense européenne ». Ce n'est rien d'autre que ce qui est prévu par le traité européen de Lisbonne, qui dit que « les engagements et la coopération dans ce domaine demeurent conformes aux engagements souscrits au sein de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord, qui reste, pour les États qui en sont membres, le fondement de leur défense collective et l'instance de sa mise en œuvre » C’est donc bien un volet européen, complémentaire de l’Otan. De quelle contrepartie peut-il alors être question ?
La guerre menée en Afghanistan depuis 2001 tourne au bourbier. C'est une guerre d'occupation qui suscite une résistance de plus en plus forte du peuple afghan qui n'a jamais accepté d'être asservi. La Russie s'y est cassé les dents ; les troupes occidentales s'y casseront aussi les dents. Mais Sarkozy n'a rien compris ni rien retenu. Ce qu'il veut, c'est participer à la politique de guerre de Bush. De cela, notre peuple n'en veut pas !
Il faut que grandisse l'opposition à l'envoi de soldats en Afghanistan.
Il faut exiger le retrait immédiat des troupes françaises.Paris, 3 avril 2008 - PCOF - www.pcof.net – courriel : pcof(a)pcof.net
Autres articles parus dans La Forge (pdf, 40 Ko)
À propos de l’envoi de troupes françaises en Afghanistan
« L’Afghanistan n’a pas besoin de renforts militaires, mais d’une véritable solidarité internationale. » déclare Arielle Denis coprésidente du Mouvement de la Paix.
Le Mouvement de la paix s’indigne de la décision du président de la République, Nicolas Sarkozy, d’envoyer un contingent supplémentaire de 1000 soldats en Afghanistan. « Cette décision est contreproductive et dangereuse non seulement pour l’Afghanistan mais aussi pour la France et la paix mondiale. » a indiqué la coprésidente.
La victoire contre les Talibans ne peut s’obtenir sur le terrain militaire. Depuis près de 7 ans, la preuve en est faite, s’il était besoin : il n’y a pas de solution militaire. Pour les Afghans, la situation empire, famine, misère, corruption, trafic de drogue sont en augmentation ! Quel terrible bilan et quelle publicité pour ceux qui ont endossé l’habit de la résistance : les Talibans.
Par contre, les aides promises par la communauté internationale pour la reconstruction constituent une fraction de ce qui est dépensé pour les opérations militaires. Sur les 25 milliards d’aide promise, seuls 15 sont parvenus à Kaboul. Pour Oxfam, cette aide est "gaspillée, inefficace et non coordonnée". Mais pour faire la guerre, les Etats-Unis ont déjà dilapidé 127 milliards de dollars…La persistance des combats, c’est évident, nuit aux efforts en faveur de la reconstruction et du développement du pays. Alors que le bilan sur l’échec de cette stratégie est unanime, la France doit user de son poids politique pour peser en faveur de la démilitarisation de l’Afghanistan et d’une véritable aide de solidarité internationale.
Or, c’est exactement le contraire qu’elle s’apprête à faire en perdant de plus toute capacité d’initiative dans un alignement inconditionnel sur la politique des Etats-Unis et sur l’Otan. Une véritable stratégie de défaite ! « Les Français l’ont compris puisque deux sur trois s’opposent à l'envoi de troupes supplémentaires en Afghanistan, et 65% estiment que les Etats-Unis et leurs alliés ont tort de faire la guerre en Afghanistan. C’est eux qui ont raison » a affirmé Arielle Denis.Face à ses alignements répétés sur la politique des Etats-Unis et à la perspective de réintégration totale de l’Otan, face au projet d’envoi de renforts en Afghanistan, et dans la perspective de la publication du nouveau Livre blanc sur la Défense, le Mouvement de la paix appelle à un grand débat citoyen.
Pour le retrait des troupes et en faveur d’une véritable solidarité internationale avec l’Afghanistan, le Mouvement de la Paix appelle à se mobiliser sans attendre et appelle ceux qui partagent ses préoccupations à une initiative commune.
Communiqué du Mouvement de la Paix
Saint-Ouen, le 1er avril 2008
La France, l’OTAN et l’Occident
Par Hajnalka VINCZE publié le vendredi 11 janvier 2008
Dans son “Rapport sur la France et la mondialisation”, rédigé à la demande du Président de la République, Hubert Védrine aborde la question de l’OTAN à l’intérieur du chapitre consacré à « L’option atlantiste/occidentaliste ».
Fort à propos, l’ex-ministre des Affaires étrangères distingue cette dernière de « la politique normale d’amitié et de coopération avec les Etats-Unis », et la décrit comme « une réorientation en profondeur » qui s’inscrit dans le schéma du choc des civilisations : « Menacés, les Occidentaux devraient se serrer les coudes ». C’est en effet l’un des trois arguments le plus souvent invoqués pour plaider la cause du « retour de la France dans l’OTAN ». Après une démonstration de la vacuité de chacun d’eux, Védrine pose la question de la réciprocité – un des thèmes favoris du Président. Dans ce cas précis, l’équation est simple : en échange de son « retour », la France est en droit d’exiger des contreparties substantielles. Si substantielles, ajoutons-le, que l’on peut s’interroger sur les ressorts (aveuglement/ignorance ou calcul habile ?) du mouvement qui vient d’être amorcé par le gouvernement.Trois arguments fallacieux pour le “retour dans l’OTAN”
Dans un « débat mené dans la clarté », comme celui que Védrine appelle de ses vœux, aucun des trois arguments en faveur de la « réintégration » n’aurait de chance de s’imposer. Le premier (cohésion occidentale) est purement idéologique, le deuxième (commodité pratique) est insuffisant et délibérément biaisé, le troisième (espoir d’une influence accrue), s’il est sincère, n’est que le reflet d’illusions naïves.L’Occident en ordre de bataille
Quant à l’appel au rassemblement des Occidentaux sous bannière OTAN/US, Védrine note qu’il « ne peut s’évaluer en avantages/inconvénients puisque c’est un point de principe, presque de doctrine. Il se justifie si la France se pense avant tout comme un pays occidental, avant d’être européen ou original. » D’après la théorie occidentaliste, « au fond nous serions avant tout des démocraties assaillies par les terroristes et menacées par la Chine, le nouveau ‘monde libre’. Il s’en suit que nous ne devrions pas critiquer inutilement les États-Unis, ni nous démarquer d’eux ‘pour le plaisir de nous opposer à eux’. Selon un schéma bien connu, ne pas s’opposer à eux sans motif valable devient vite : ne pas s’opposer tout court ».
En effet, l’argument de la « cohésion occidentale », difficilement séparable de la thèse du « choc des civilisations » du professeur Huntington, est apparu sous sa forme actuelle dès la fin de la guerre froide. Déboussolés après la disparition de l’URSS, l’OTAN/l’Amérique y ont trouvé un nouvel argument pour le maintien sous tutelle des alliés et la préservation d’une organisation qui en fut toujours l’instrument privilégié. Le Secrétaire général de l’OTAN déclare dès 1995 : « Le fondamentalisme islamiste est tout aussi dangereux que ne l’était le communisme. L’OTAN peut contribuer à combattre la menace posée par les islamistes, puisqu’elle est beaucoup plus qu’une simple alliance militaire ».
Or le statut particulier de la France, avec le refus de l’alignement systématique qu’il implique, est à la fois « un problème » du point de vue de la discipline atlantiste et la réfutation éclatante du déterminisme inhérent à la théorie huntingtonienne. Bref, une réaffirmation, au jour le jour, de la possibilité et de l’importance des choix politiques. Selon les résultats d’un sondage Zogby International réalisé dans 6 pays musulmans en automne 2005, le Président français fut de loin le dirigeant politique le plus populaire, et c’est la France que les personnes interrogées ont désignée en premier lieu comme superpuissance souhaitée. De toute évidence, il s’agit d’un atout énorme non seulement pour la France, mais pour tous ceux qui veulent croire en, et œuvrer pour, le dialogue politique. Or c’est cette image qui risque d’être sérieusement écorchée à la suite d’un « retour » en bonne et due forme dans une OTAN dominée par les Etats-Unis.Commodité pratique ?
Le deuxième argument est celui de la « commodité pratique », sur le plan notamment de la formation, des doctrines, et de la fameuse « Interopérabilité ». Il est le plus souvent invoqué par les militaires – et exécuté d’un coup sec par Hubert Védrine. Celui-ci observe que « Des arrangements concrets et satisfaisants ont été trouvés sur chaque point. Des forces françaises participent à plusieurs opérations de l’OTAN. Leur valeur militaire est reconnue. Des entreprises françaises réussissent à remporter les appels d’offres de l’OTAN quand ils sont méthodiquement préparés. »
En effet, depuis la fin de la guerre froide, le positionnement de la France par rapport à l’OTAN s’est largement adapté à la nouvelle donne. Le retrait du pays des structures militaires intégrées (OTAN) de l’Alliance atlantique (dont la France est toujours restée l’un des principaux États membres) s’est traduit notamment par certaines mesures concrètes, qui furent progressivement et partiellement revisitées au fur et à mesure que l’organisation elle-même a redéfini ses missions et son aire de compétence. C’est ainsi qu’aujourd’hui la France participe à toutes les instances intergouvernementales de l’Alliance (sauf le Comité des plans de défense, distinct de la planification opérationnelle, et le Groupe des plans nucléaires), et est même présente dans les états-majors grâce à l’accord Flag to posts de 2004 prévoyant l’insertion (avec donc le maintien sous contrôle national et la possibilité d’un retrait à tout moment) de 110 officiers de l’Hexagone. Sa contribution massive sur le terrain est appréciée de tous, et elle participe également aux trente principaux programmes d’armement/d’équipement de l’OTAN.L’illusion de l’influence accrue
Aux yeux de Védrine, « L’argument de l’influence est le moins convaincant. La France serait – peut-être - considérée à nouveau par les autres alliés, européens et canadiens, comme un allié ‘normal’ et cesserait – peut-être – de faire l’objet de procès d’intention. Sur les États-Unis cela donnerait à la France une influence comparable à celle des autres alliés, c’est-à-dire quasi nulle. » L’illustration la plus parfaite de l’impasse de cette foi naïve dans une illusoire influence nous vient, de façon régulière, du côté des Britanniques. À la suite de la désastreuse politique blairienne, laquelle a poussé l’art du « rapprochement » jusqu’à sa caricature, même le chef du parti conservateur britannique est amené à s’interroger sur ce thème normalement interdit.
En septembre 2006, David Cameron observe que « Si nous continuons comme à présent, je crains que nous ne finissions par combiner le maximum de risques avec le minimum d’influence réelle sur les décisions ». Mais au lieu d’espérer le soi-disant retour à une « relation spéciale » qui, en réalité, a toujours eu la particularité d’être tout sauf réciproque, il aura mieux fait d’écouter le directeur sortant du prestigieux Chatham House. Celui-ci constate, une bonne fois pour toutes qu’ « il a toujours été peu réaliste de croire que des puissances extérieures – aussi loyales soient-elles – puissent avoir de l’influence sur le processus américain de prise de décision ».La seule réelle contrepartie : une défense européenne indépendante
Face aux inévitables pertes en terme d’image et de marge de manœuvre concret, ainsi qu’une opinion publique pour le moins sceptique, Védrine souligne la nécessité d’obtenir, en cas de tentative de « réintégration », des contreparties substantielles. Il identifie deux conditions sine qua non d’un éventuel « retour » : au-delà des postes de haute responsabilité, il convient d’insister sur une « OTAN nouvelle ». Laquelle irait notamment « plus loin dans la reconnaissance de l’autonomie du pilier européen ».
C’est justement les deux exigences posées par le chef de l’État dans l’interview qu’il a accordée au New York Times le 24 septembre dernier. Pour Sarkozy, « il va de soi que si nous devions envisager un tel mouvement, il ne pourrait avoir lieu que dans la mesure où une place serait faite dans les instances de direction, au plus niveau, pour des représentants de la France ». Mais surtout il déclare « conditionner un mouvement dans les structures intégrées par une avancée sur l’Europe de la défense », avec comme objectif « une Europe qui serait capable de se défendre de façon indépendante ».
Le Président renoue donc avec l’idée selon laquelle il y a au fond une harmonie entre le partenariat transatlantique tel qu’il s’incarne dans l’OTAN et l’autonomie européenne. Dans son discours devant les ambassadeurs, il explique que « Les deux vont ensemble. Une Europe de la défense indépendante et une organisation atlantique où nous prendrions toute notre place. » Tout le monde n’est pourtant pas du même avis. Certainement pas l’américain Robert D. Kaplan, rédacteur en chef de Atlantic Monthly, pour qui « l’OTAN est à nous de diriger, contrairement à l’Union européenne de plus en plus puissante. Permettez-moi d’être encore plus clair sur une chose à propos de laquelle les politiques et les experts préfèrent ne pas être clairs. L’OTAN et une défense européenne autonome ne peuvent pas prospérer toutes les deux ».La leçon de la « bataille de Naples »
C’est à peu près ce qui est ressorti aussi de la première tentative de « retour dans l’OTAN », plus connue sous le nom de « bataille de Naples ». Au tout début de son premier mandat, le Président Chirac a lui-même proposé que la France revienne dans l’organisation militaire – en échange d’une affirmation plus marquée de l’identité européenne de défense à l’intérieur de l’Alliance (la seule instance imaginable à l’époque pour une telle initiative). Dans cet esprit, un projet franco-britannique, adopté en juin 1996 lors de la réunion ministérielle de l’OTAN à Berlin, confère un rôle significativement plus important à l’UEO (Union de l’Europe occidentale) que prévu. Lui permettant notamment de conduire des opérations européennes, avec accès aux capacités de l’Alliance.
C’est dans une atmosphère déjà tendue, avec les Américains parlant de « hold-up » à propos de Berlin, que Chirac introduit la revendication selon laquelle la direction du commandement Sud de l’Alliance (AFSOUTH à Naples) doit revenir à un Européen. En bas de sa lettre du 10 octobre adressée au Président Clinton à ce sujet, il note à la main : « Bill, c’est très important pour moi ». Mais Bill ne daigne même pas répondre. Ou plutôt il le fait, mais à sa manière. En déclarant publiquement que « Les Etats-Unis continueront à être le leader de l’OTAN, en particulier dans la région Sud ». Début 1997, son Secrétaire à la Défense enfonce le clou, lorsqu’il réitère devant le Congrès la réponse US : « C’est non. C’est catégorique. Ce n’est pas négociable ».
Même si les raisons de ce refus américain sont très instructives (en gros : l’attachement à l’unité de commandement, américaine bien sûr, sous déguisement OTAN), on se limitera ici au constat de ses conséquences. Charles Cogan, dans son livre French Negotiating Behavior, appuyé sur d’innombrables interviews avec les protagonistes de l’affaire, arrive à la conclusion que : « Bien que les Français aient été humiliés par le refus brusque et public de la part des Etats-Unis, il semble que les regrets à long terme se trouvent du côté des US. L’intransigeance américaine a condamné les négociations à l’échec, un échec qui a encouragé la France d’insister sur le développement d’une force européenne de défense en dehors de l’OTAN. Comme le remarque Gérard Errera, ambassadeur de la France à Londres et ancien ambassadeur à l’OTAN : ‘Si ces négociations avaient abouti, Saint-Malo [où les Britanniques et les Français sont tombés d’accord sur l’idée d’une défense européenne autonome] aurait pu ne jamais avoir lieu.’ ». Or c’est grâce à Saint-Malo que la donne a radicalement changé : au dogme OTAN en matière de sécurité européenne s’est substituée, en dépit des réactions hystériques de l’Amérique, la cohabitation OTAN-Union européenne.Coup de foudre ou coup de poker ?
Coïncidence ou pas, Sarkozy aujourd’hui se place explicitement dans la perspective d’un « Saint-Malo bis ». Lors de son allocution devant les ambassadeurs, il précise : « Bientôt dix ans après l’accord de Saint-Malo, le moment est venu de lui donner un nouvel élan. » Paris en fera donc sa priorité au cours de la présidence française de l’UE au second semestre 2008, et de sa présidence de l’UEO qui durera, elle, de janvier à décembre. En focalisant précisément sur les deux questions qui constituent, depuis toujours, les deux « lignes rouges » de l’Amérique : « le renforcement des capacités de planifications et de conduite des opérations » de l’UE, et le « développement de l’Europe de l’armement ».
Le moins que l’on puisse dire, c’est que tout en faisant miroiter l’appât du « retour de la France dans l’OTAN », le Président place la barre très haut … Reste à voir s’il l’a fait à dessein. Jusqu’ici, en tout cas, la manœuvre, si elle est conçue dans une cette logique tactique, se présente comme étant plutôt habile. Les propositions françaises en faveur d’un dégel des relations UE-OTAN (renforcement de la coopération et de la transparence) sont un geste de « bonne volonté » à peu de frais. Il ne s’agit, en effet, que de mesures soit symboliques, soit promises à être bloquées dans le bras de fer entre la Turquie (membre de l’OTAN mais non membre de l’UE) et la Chypre (membre de l’UE mais non membre de l’OTAN, et ne participant même pas au programme Partenariat pour la Paix).
Pour l’heure, on constate avant tout un changement de style, qui capitalise sur la lune de miel habituelle suivant chaque élection (rappelons-nous bien que Chirac fut salué à l’époque comme « Le plus américain de tous les présidents français » par la presse anglo-saxonne). Le gouvernement s’emploie à rompre l’image d’une France en opposition systématique – en coupant l’herbe sous les pieds de ceux qui en useraient pour faire barrage à ses initiatives européennes. Au fait, il retourne la charge de la preuve. En annonçant sa disponibilité à une « réintégration », il fait la démonstration de sa sincérité concernant la compatibilité OTAN-UE, c’est donc maintenant aux autres d’en faire autant. En acceptant notamment les conditions françaises sur une défense européenne indépendante. La France mettrait ainsi le camp (euro-)atlantiste face à sa contradiction fondamentale : si les valeurs et les intérêts sont aussi communs, entre les deux rives de l’Atlantique, que l’on prétend, il n’y a aucune raison de faire de l’autonomie européenne un épouvantail. Encore une fois, ce n’est là qu’une hypothèse et pour le moment rien ne confirme que le gouvernement entendent s’en servir pour exploiter toutes les possibilités. En fait, s’il s’en tenait aux conditions qu’il a lui-même fixées, le Président français se retrouverait dans une situation gagnant-gagnant. Ou bien ses exigences sont pleinement acceptées (par un quelconque miracle) et il devient le héros de l’Europe de la Défense, ou bien les Américains font eux-mêmes la démonstration de la volonté de maintien sous tutelle de ce qu’ils considèrent, pour reprendre les mots de Brzezinski, comme leur « protectorat ». Dans les deux cas, la perspective d’un « Saint-Malo bis », à la française, apparaît plus que probable. Sous cet angle, la question de savoir si l’initiative de Sarkozy fut, au départ, inutile ou pas, est secondaire. De même que celle portant sur le caractère délibéré ou inconscient de sa démarche.
La seule incertitude et la vraie inquiétude concernent donc la fidélité du Président aux conditions telles qu’il les avait posées. Sur ce plan, il existe néanmoins un garde-fou précieux : l’opinion publique. Un facteur que Védrine n’a pas manqué de mettre en avant à plusieurs reprises. Il observe notamment, au sujet de l’option occidentaliste que « il est surprenant de constater que cette tentation est forte dans les élites – mais quasiment pas dans la population. [Une telle] réorientation fondamentale n’est pas demandée par l’opinion française qui paraît à l’aise dans la politique de la Ve République dans la longue durée ».Article tiré du numéro 47 de la Lettre Sentinel - Hajnalka Vincze
Afghanistan : Retrait immédiat des troupes impérialistes ! Pas un euro pour la guerre !
A l’initiative de plusieurs organisations un collectif « Afghanistan - Otan : ni guerre - ni alliance militaire, paix-liberté-démocratie » vient de se constituer autour d’une appel que chacun pourra trouver sur le site appelotanafghanistan.org, ainsi que les initiatives prévues. Engager une contre-propagande en réponse à la politique de Sarkozy et des puissances impérialistes nécessite la plus large unité et la clarté politique.
L’attentat qui a eu lieu dimanche dernier contre le président Karzaï au cours même de la cérémonie officielle commémorant le 16ième anniversaire de la fin de l’occupation de l’Afghanistan par l’ex-URSS, revendiqué par les talibans, est symptomatique de la faiblesse du régime qui ne tient que par le soutien des troupes impérialistes. D’autant plus significative que cet attentat survient alors que le parlement prépare une loi s’alignant sur les réglementations religieuses des talibans. Le pouvoir en place avec la bénédiction des troupes occidentales cherche à se donner une assise en faisant des concessions aux religieux. Loin de se renforcer, ils accentuent les tensions au détriment même de la population prise en otage par les différents protagonistes. Nouvelle illustration de l’impasse de la politique des grandes puissances.
L’occupation militaire enfonce le pays dans la guerre et les luttes de pouvoir. Dans ce contexte, la décision de Sarkozy d’envoyer 700 hommes supplémentaires et de réintégrer le commandement de l’Otan a pour principal objectif de renforcer sa position personnelle au moment où la France va prendre la présidence de l’Union européenne. Sarkozy espère obtenir les faveurs des USA pour asseoir la position de la France face à l’Allemagne dans le cadre de la mise en place d’une Europe défense.
C’est ce qui fait dire au PS qu’il sacrifie… l’Europe défense à l’alignement sur les USA. Leur désaccord, s’il y en a un, reste dans le cadre de la politique impérialiste.
Comme le dit l’appel « Nous ne voulons pas d'une France et d'une Union Européenne gendarmes du monde». Cela signifie une Europe qui milite pour la paix et la coopération des peuples en rompant avec les relations de domination impérialiste. Cela signifie exiger clairement le retrait immédiat non seulement des troupes françaises mais de l’ensemble de forces impérialistes.
L’occupation militaire ne vise ni l’instauration de la démocratie, ni la lutte contre le terrorisme ni la libération des femmes. Tout cela n’est que justification démagogique, masque idéologique d’une intervention qui vise à consolider la domination des grandes puissances occidentales.Yvan Lemaitre - Rouge
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Il n’y a pas de réponse militaire aux maux de la France et du Monde
Le président de la République, chef des armées, n’a pas été mandaté pour engager la France dans une guerre de civilisation souhaitée à la fois par George W. Bush et Al Qaïda !
Une guerre qui a déjà fait en 5 ans en Irak 1 173 743 morts dont 4000 soldats américains !Non à l’envoi de renforts en Afghanistan
Les Afghans déjà martyrisés par une guerre interminable (40 ans de combats) n’ont pas besoin de guerriers. Misère, attentat, famine, corruption, trafic de drogue, sont déjà le lot quotidien de ce peuple. N’en rajoutons pas ! C’est de la Paix et d’une véritable solidarité internationale dont l’Afghanistan a besoin. Pourtant Nicolas Sarkozy prévoit que le contingent de 700 soldats engagés pour combattre dans l’est de l’Afghanistan « y sera pour longtemps, jusqu’à la victoire » (discours au sommet de l’OTAN avril 2008). En 2008 les opérations militaires françaises coûteront déjà 400 millions de plus que prévu. Comment financera-t-on cette nouvelle opération ?
Non au retour de la France au sein du commandement militaire de l’Otan
Que va-t-on faire dans cette galère ! La France dispose aujourd’hui d’une liberté qui lui a permis notamment de s’opposer à la guerre des Etats-Unis en Irak. Réintégrer l’Otan après 41 ans de fructueuse indépendance tient de l’imbécile allégeance idéologique et brade d’un coup, l’intérêt de la France, de l’Europe et de la Paix dans le monde. Ce retour au sein de l’alliance nous expose aux actions des groupes terroristes qui trouvent dans la politique de George Bush les meilleurs arguments de leur développement au détriment des populations qu’ils terrorisent. Enfin cette aventure s’accompagnera là encore d’une augmentation des crédits militaires.
La France a mieux à faire
Au moment où le gouvernement inflige des réductions drastiques aux dépenses publiques de l’Etat, les richesses de notre pays continuent d’être dilapidées pour les préparatifs de guerre (nouveaux missiles, nouveaux sous-marins, nouvelle base militaire à l’étranger). Pourtant, les besoins sociaux sont criants ! La France a mieux à faire pour la paix en ouvrant une nouvelle ère des relations internationales et en respectant le Traité de non-prolifération des armes nucléaires. Plutôt que de tester de nouveaux missiles ou de lancer un nouveau sous-marin, la France avec courage, pourrait briser le tabou nucléaire, de la puissance par la force et des dépenses militaires, incompatibles avec les investissements pour un monde plus juste et plus pacifique, voué au développement durable.
Si vous faites partie des 65% de Français qui refusent cette escalade guerrière, faites-vous entendre !
Vous avez besoin de Paix, La Paix a besoin de vous !
Collectif Otan - Afghanistan