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Non à la guerre, non à l’OTAN
Article paru le 14 mars 2009 - Tribune libre, L’Humanité des débats
Par Reiner Braun et Arielle Denis, animateurs des collectifs allemand et français pour le contre-sommet de l’OTAN (*)Pourquoi les forces de paix ont rendez-vous du 1er au 5 avril à Strasbourg, Kehl et Baden-Baden ?
Les 3 et 4 avril prochain, l’OTAN, qui célèbre son 60e anniversaire, se réunira en sommet à Strasbourg, Kehl et Baden-Baden. À cette occasion, les forces de paix d’Allemagne et de France préparent une protestation mondiale pour dénoncer les méfaits de l’alliance militaire et promouvoir un monde pacifique et solidaire. Nos concitoyens doivent savoir ce qu’est l’OTAN et pouvoir s’exprimer dans ce débat crucial pour la paix.
L’OTAN, créée « pour contenir le communisme en Europe », a survécu à la disparition du pacte de Varsovie en élargissant ses prérogatives et sa sphère d’influence - contrairement à l’engagement qu’elle avait pris alors. Depuis, elle s’affirme comme le bras armé de la mondialisation libérale, concentrant plus de 70 % des capacités militaires du monde au travers des 26 pays membres - dont 21 pays de l’Union européenne. Mais, comme au temps de la guerre froide, l’OTAN reste un appendice du Pentagone, entièrement aux mains du commandement militaire US et des décisions du président des États-Unis.
L’OTAN est une machine de guerre dotée d’armes nucléaires, de centaines de bases militaires et qui peut mener de front deux conflits majeurs et cinq conflits de moyenne intensité. Ses troupes combattent aujourd’hui en Afghanistan, tandis que le pays s’enfonce dans la misère, la corruption et l’insécurité.
Les guerres qui causent d’immenses souffrances et qui coûtent si cher aux peuples ne sont jamais une réponse aux crises. Pourtant, tandis que le monde doit faire face à une crise systémique, nous sommes inquiets de la tentation que constitue l’outil militaire OTAN pour assouvir les appétits des grandes puissances et régner sur le monde en promouvant la « guerre des civilisations ». « Sécurisation des approvisionnements énergétiques », « lutte contre l’immigration illégale » s’ajoutent aujourd’hui à la longue liste des casus belli pour lesquels l’OTAN et son arsenal nucléaire sont mobilisables.
Nous voulons que l’Union européenne joue un rôle actif pour la résolution pacifique des conflits, pour le désarmement et la réduction des dépenses militaires, qu’elle développe de nouvelles coopérations avec le Sud sur une base d’égalité. C’est pourquoi nous sommes opposés à l’ancrage structurel de la défense européenne dans l’OTAN contenu dans le traité de Lisbonne et que promeuvent madame Merkel et monsieur Sarkozy, qui sont « convaincus que la construction européenne et le partenariat atlantique sont les deux faces d’une même politique de sécurité », comme ils l’ont rappelé le 7 février dernier à Munich.
Dans le même sens, nous déplorons le retour de la France dans le commandement militaire de l’OTAN, qui est un mauvais signal pour le monde, celui du renforcement d’un camp au détriment du multilatéralisme et de la paix.
Malgré le fait que les autorités françaises aient mis Strasbourg en état de siège et posent des entraves inadmissibles à la liberté d’expression et de circulation, du 1er au 5 avril prochain les forces de paix de tous les pays viendront à Strasbourg, à Kehl et à Baden-Baden « pour protester contre les politiques nucléaires et agressives de l’OTAN et affirmer leur attachement à construire un monde plus juste et plus pacifique ».
Un village autogéré avec de nombreuses activités, une conférence internationale les 3 et 5 avril avec des ateliers sont organisés. Le 4 avril à 13 heures une grande manifestation partira du pont de Kehl d’où viendront les cortèges d’Allemagne pour dire aux chefs d’État de l’OTAN « 60 années, c’est plus qu’assez ! »
(*) www.no-to-nato.org et www.otan-non.org
OTAN : le débat qui fait peur au Président !
Mercredi 11 mars, lors d'un discours à l'Ecole militaire, le Président de la République, Nicolas Sarkozy, devrait annoncer publiquement le retour de la France dans le commandement intégré de l'Otan.
Evoquée depuis plusieurs mois, la perspective de réintégration de la France dans le commandement militaire de l’Otan soulève de nombreuses réactions de doute, voire d'inquiétude et même d'indignation émanant de tout l'éventail politique. « Loin d’y répondre, le Président de la République accélère le processus » déplore Arielle Denis, co-présidente du Mouvement de la Paix.
Pour la responsable pacifiste, cette précipitation confirme que « le Président de la république a peur d'un véritable débat public et ne cesse de le fuir malgré une intense pression ».
Finalement obligé d’accorder un débat à l’Assemblée nationale mardi 17 mars, le gouvernement tend un piège aux parlementaires et à l’opinion. Il fait porter le débat non sur la réintégration totale dans l’Otan mais sur l'ensemble de sa politique étrangère et en engageant la responsabilité du gouvernement. « Il faut qu'un débat démocratique puisse se tenir : organisez un référendum! (3)» demande Arielle Denis au Président de la République au nom du Mouvement de la paix, qui a lancé un appel à cet effet.
« En réintégrant le commandement militaire, le Président de la République commet une grave erreur politique et stratégique » estime le Mouvement de la paix. « Loin d'être une formalité, cette réintégration affirme une option militariste et atlantiste en contradiction avec l'intérêt de la France, de l'Europe et avec les prérogatives des Nations Unies.»
Alors que des dizaines de milliers de manifestants s'apprêtent à converger le 4 avril vers Strasbourg, Kehl et Baden Baden où se tiendra le Sommet du 60° anniversaire de l'Otan, cette peur du débat public se concrétise également à cette occasion. Arielle Denis qui anime le collectif de 40 organisations nationales (1) et de 500 organisations (2) au plan international opposées à l'Otan, rappelle que « les conditions d'une manifestation normale dans un Etat de droit ne sont toujours pas réunies, puisque l'on veut nous parquer très loin de la ville, en mettant Strasbourg en état de siège ». « C'est inadmissible » conclut-elle en demandant au Président de la République de « garantir la liberté d'expression et de circulation pour les participants au contre-sommet .»(1) www.otan-non.org
(2) www.no-to-nato.org
(3) voir communiqué du 28 février : www.mvtpaix.orgLe Mouvement de la Paix - Le 11 février 2009
Contacts : Le Mouvement de la Paix : 01 40 12 09 12
Arielle Denis : 06 87 14 89 33
Catherine Rio : 01 40 12 72 35
Les armes nucléaires de l'OTAN : fin de partie ou redéploiement ?
Les États-Unis sont le seul pays au monde à déployer un arsenal nucléaire en dehors de son territoire national. Cet armement est stationné en Europe (Allemagne, Belgique, Italie, Pays-Bas et Turquie) dans le cadre de l'OTAN, pour répondre aux objectifs énoncés par le Traité de l'Atlantique Nord (4 avril 1949) : la politique de défense commune de l'OTAN devant « assurer la capacité d'effectuer un bombardement stratégique, y compris la livraison d'une bombe atomique » et « les États-Unis [étant] les principaux responsables du bon fonctionnement de cette doctrine »...
Télécharger le document du Groupe de recherche et d'information sur la paix et la sécurité (pdf 736 Ko)
Sommet de l'Otan à Strasbourg : Dérive atlantique et néoconservatrice de l'UE promue par N. Sarkozy et A. Merkel
Lettre ouverte d’Arielle Denis et Pierre Villard, co-présidents du Mouvement de la paix
10 février 2009. Les récentes déclarations de Nicolas Sarkozy et Angela Merkel en vue de préparer le Sommet du 60ème anniversaire de l'Otan sont inquiétantes et laissent mal augurer de la « nouvelle doctrine stratégique de l'Otan » qui doit être mise en chantier. Leur déclaration commune du 4 février, parue dans Le Monde, semble avoir pour but de marquer leur attachement à ce que l'Otan porte de plus agressif, de plus contestable et de plus contesté.
Voilà qui est tragiquement décevant et tourne le dos à l'histoire, à l'heure où le nouveau président des Etats-Unis, M. Obama entend procéder à plus que des infléchissements concernant la politique étrangère de George Bush : réexamen du programme de bouclier antimissile, réouverture du dialogue sur le désarmement nucléaire et ratification du Traité d'Interdiction Complète des Essais Nucléaires, réexamen de la stratégie en Afghanistan avec désengagement -à terme, mais envisagé- dialogue avec Téhéran, réduction des dépenses militaires....En ce qui concerne le « bouclier antimissile », Nicolas Sarkozy et Angela Merkel veulent discuter à Strasbourg « des questions liées au déploiement de défenses antimissiles face à des menaces balistiques limitées émanant du Moyen-Orient. » Mais ni les Polonais, ni les Tchèques n'en veulent. B. Obama est pour le moins sceptique. Avec Mme Clinton, ils mettent en doute, l'efficacité du système qui n'a « toujours pas été démontré» et son coût exorbitant. N. Sarkozy et A. Merkel seront-ils les seuls promoteurs de cette pseudo « défense antimissile » qui reste le meilleur moyen de relancer la course aux armes nucléaires en Europe et dans le monde?
Par rapport à l'engagement de l'Otan en Afghanistan, les deux chefs d'Etat attendent « du sommet de Strasbourg/Kehl qu'il adresse le signal que l'Alliance restera engagée (en Afghanistan) pour sa sécurité et ses valeurs. » (sic) Pourtant, l'administration Obama a déjà envisagé une stratégie de désengagement conformément à celle mise en œuvre en Irak et insiste pour dire qu'il est urgent d'attendre...
Quant à la persistance d'armes nucléaires sur le sol européen -dont 480 têtes nucléaires US stationnées dans les bases de l'Otan-, n'est-il pas temps d'appeler à leur disparition, lorsque Russie et Etats-Unis parlent de les réduire de 80% et que s'organise une impulsion mondiale vers le désarmement nucléaire pilotée par des pacifistes aussi inconscients que H. Kissinger ou le Premier ministre Gordon Brown ? Mais non, A. Merkel et N. Sarkozy demeurent « convaincus qu'une politique de sécurité responsable, qui prend en compte les risques futurs, doit conserver dans un avenir prévisible la dissuasion nucléaire »...
Que dire des relations avec la Russie, si importantes pour la sécurité du continent ? Ils tancent la Russie sur sa reconnaissance de l'Ossétie et de l'Abkhazie, normal, mais n’ont pas la moindre considération pour les craintes exprimées par celle-ci concernant la reconnaissance du Kosovo, le bouclier antimissile qui devrait s'installer à sa frontière où la poursuite de l'élargissement de l'Otan qu'elle devrait considérer comme « un élément central de la sécurité et de la stabilité du continent.»
L'ONU existe-t-elle encore? On en douterait, la seule mention des Nations Unies a disparu du vocabulaire du chef de l'Etat français et le virus semble contaminer l'Allemagne. Quelle erreur, alors qu'aujourd'hui la Maison Blanche appelle à un « nouvel élan du multilatéralisme !» Ne voit-on pas, après les échecs patents de l'unilatéralisme et du tout militaire que pour affronter les défis du 21ème siècle c'est la (ré)activation d'un véritable forum mondial qui est à l'ordre du jour ?
Va-t-on rater ce rendez-vous historique et ouvrir la porte à la terrible perspective qui tout au long du XXème siècle à accompagné les crises : la guerre ? Car c'est de cela dont il s'agit au travers des analyses et des choix qui s'expriment aujourd'hui : de quelle façon va-t-on s'attaquer à la crise et éviter que les tensions ne dégénèrent en conflits.
Le 60ème anniversaire de l'Otan et son nouveau concept stratégique nous concernent tous: les enjeux sont ceux de la paix du monde pour les mois et les années qui viennent. Une porte s'est ouverte sous la poussée des progressistes et des pacifistes aux Etats-Unis pour redonner de l'espace à une vision du monde différente de la guerre préventive et du choc des civilisations. Combien cette ouverture est fragile ! Et N.Sarkozy et A.Merkel refuseraient de saisir cette opportunité historique à peine esquissée ?
Ce Sommet de l'Otan à Strasbourg sera l'occasion pour le Chef de l'Etat de célébrer en grande pompe la réintégration pleine et entière de la France dans l'Otan. Pour quoi faire ? ! Les partisans de l'Alliance savent bien que la France est déjà dans l'Otan, qu’elle collabore à toutes les opérations et paye un tribut aussi important que le Royaume Uni. Qu’est-ce la France, l'Europe, la paix ont à y gagner ? La France va perdre sa spécificité et rejoindre « le camp occidental » et la vision Bushienne de « guerre des civilisations ». Plus que sa capacité à agir, c'est sa propre sécurité qu’elle affaiblit. L'Union européenne, pour compter sur le plan mondial, doit faire exister de façon autonome sa propre vision de la sécurité. 21 des 27 pays de l'Union européenne sont membres de l'Otan, y arrimer plus encore la France, est-ce vraiment nécessaire ?
Quant à la paix du monde, on pourrait en ces temps de crise rêver à de plus grands desseins: mettre en sommeil l'alliance militaire des puissants pour relever avec davantage de moyens le défi d'un développement global, durable et partagé, source de véritable sécurité pour tous.
Monsieur Sarkozy, il n'est pas trop tard pour renoncer à rejoindre le commandement intégré de l'Otan. La France, l'Europe et la paix ont tout à y gagner.
www.mvtpaix.org ; www.otan-non.org ; www.no-to-nato.org
L'Europe contre le bouclier antimissile
Une conférence à Londres pour donner un signal clair à Barack Obama
Samedi 31 janvier 2009, la CND (Campaign for Nuclear Disarmament) a organisé une conférence afin de montrer la forte opposition en Europe à l'installation du bouclier antimissile par les Etats Unis (US Missile Defence). Des femmes et des hommes politiques ainsi que des militants pacifistes sont venus de Grande-Bretagne, de Pologne, de République Tchèque, de France et d'Allemagne. Le président Bush a commencé la mise en place du bouclier antimissile depuis son élection en 2000, et en 2001, a dénoncé unilatéralement le traité de non prolifération signé avec la Russie. Mis en place afin d'assurer une suprématie militaire totale sur le reste du monde, ce bouclier déstabilise les relations avec la Russie et concernent en premier lieu l'Europe. Contrairement à sa dénomination, dans la vision des néo-conservateurs américains, le bouclier antimissile n'est pas un dispositif de défense. Leur rêve en passe d'être réalisé et de disposer enfin d'un système qui permette aux USA de frapper massivement la Russie et ses missiles intercontinentaux, et de détruire les quelques missiles qu'ils ne pourront frapper à l'aide des intercepteurs. Une attaque unilatérale de la Russie ne pourrait en effet pas être prévenue par ces missiles intercepteurs. Les États-Unis espèrent ainsi disposer d'un outil de supériorité militaire vis à vis de la Russie, leur cible principale [1]. Le nouveau président des Etats Unis, Barack Obama, n'a pas encore donné son plein accord à la poursuite de la mise en place de ce dispositif – cette conférence était aussi l'occasion de lui donner un signal fort aux premiers jours de sa prise de fonction.
Ouvrant la conférence, Jeremy Corbyn, travailliste, Membre du Parlement (MP) anglais a souligné les nouvelles perspectives qui s'ouvrent avec l'arrivée de Barack Obama, et ce premier geste d'apaisement de la Russie qui a annoncé le 28 janvier 2009, la suspension de l'installation de missiles "Iskander" dans l'enclave de Kaliningrad [2]. En effet, le président russe Dmitri Medvedev avait annoncé officiellement en novembre dernier qu'un système de missiles Iskander pourrait être déployé en réponse à l'aménagement de la troisième région de positionnement de défense antimissile américaine, en Pologne et en République tchèque [3]. J. Corbyn a rappelé le coût du déploiement du bouclier antimissile, indécent au regard de la crise financière et économique qui touche notamment les Etats Unis. Toutefois, Michael Connarty, MP, Travailliste, a noté qu'Obama était entouré de gens qui raisonnent encore comme au temps de la guerre froide, ce qui amène à être très vigilant sur la politique de la nouvelle administration américaine. Jean Lambert, MP, Verte londonienne, appelle a la solidarité internationale contre le bouclier antimissile.
Jolanta Symanek-Deresz, MP, Socjaldemokracja Polska, a indiqué, que, si 47% seulement des Polonais – contre 39% pour – étaient opposés à l'installation de 10 missiles intercepteurs, ce projet, mal connu du public, lancé par le désormais impopulaire président Lech Kaczynski (Loi et Justice, i.e. PiS) mettait mal à l'aise le gouvernement de Donald Tusk, centre droit (PO). Elle a indiqué que ce dispositif présenté comme une protection du teritoire polonais, était de toute façon inefficace, et que les contreparties militaires et financières promises par les Américains n'étaient restées que des promesses. Elle indique que le SLD a signé un accord avec son équivalent tchèque afin d'oeuvrer contre le bouclier antimissile et de promouvoir des relations de dialogue avec les Russes, dans un monde multilatéral, et non plus unilatéral dominé par les seuls Etats Unis. Ivona Novomestska, venue au nom des Socio-démocrates tchèques (CSSD), a indiqué que 70% des Tchèques restent opposés à l'installation du bouclier antimissile avec en particulier la mobilisation de plus d'une soixantaine de maires de la région de Brdy, à 60 km au sud ouest de Prague, qui appellent à une mobilisation le 18 février 2009 afin d'interpeler la présidence Tchèque de l'Union Européenne. De plus, vingt ans après le départ des soldats russes, la population tchèque fière de son indépendance voit d'un très mauvais oeil l'arrivée d'une base américaine.
Alors que les socio-démocrates allemands (SPD) font savoir leurs attentes vis à vis de la nouvelle présidence américaine, l'Allemande Monika Knoche, MP, Die Linke, appelle à un monde sans armes nucléaires, et à ne pas se cantoner sur une position "wait and see" (regarder et attendre) mais plutôt à agir contre le bouclier antimissile. Elle précise que le Gauche Unitaire Européenne est claire sur cette question. Elle souhaite que les Européens et les Américains se saisissent de l'opportunité donnée par le geste d'apaisement russe avec le gel de leur programme à Kaliningrad pour stopper le bouclier.
Les intervenants, dont moi-même, sont tombé d'accord pour qu'aussi, le contre sommet de l'OTAN en avril 2009 à Strasbourg et à Kehl, soit une occasion de dénoncer le bouclier antimissile. La CND y enverra notamment une délégation. Afin de coordonner l'action au niveau européen et international, il s'agira dorénavant de définir des dates communes pour des initiatives et des manifestation dans plusieurs pays à la fois. Donner une dimension plus européenne, et non pas seulement la préoccupation des Anglais, des Tchèques et des Polonais, est essentiel pour faire bouger des citoyen(ne)s qui n'ont pas de liens direct avec le bouclier antimissile. Les prochaines élections européenne seront aussi une occasion pour interpeler les futurs parlementaires européens. Une visibilité pourrait être donnée avec des outils communs, tels que des sites web recensant les actions sur ce thème D'autres idées ont été avancées comme promouvoir des fondations, et en tout cas poser la question des moyens financiers pour affréter des bus ou lancer des campagnes; ou encore d'impliquer les villes tchèques, polonaises et anglaises jumelées avec d'autres villes partout en Europe, afin d'avoir une approche commune.
Patrice SalzensteinRéférences:
[1] "Non au bouclier antimissile", Planète Paix, No 529, février 2008 pp 20-21
[2] "La Russie suspend le projet de déploiement de missiles à Kaliningrad", dépêche AFP, 28 janvier 2009
[3] "Le marchandage russo-américain sur les Iskander et l'ABM", Dépêche RIA Novosti, 30 janvier 2009Photo : De gauche à droite au premier plan: Elaheh Rostami-Povey (spécialiste des relations internationales), Monika Knoche (MP, Die Linke), Jolanta Szymanek-Deresz (MP, SLD), Michael Connarty (MP, Travailliste), Patrice Salzenstein (Mouvement de la Paix) et au second rang: Kate Hudson (CND), Jana Glivická (No to base, Rep. Tchèque), Sophie Bolt (CND), Filip Ilkowski (Stop the war, Pologne), Ivona Novomestska (Social-démocrate tchèque)
L’Otan, instrument militaire des USA dans la « guerre froide »
Nous publions le texte intégral sur l’OTAN que nous avons élaboré en octobre 2008 et qui a servi de base au texte du quatre-pages du collectif.
L'Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) a été créée le 4 avril 1949.
L’idée de cette organisation politico-militaire a été lancée par les responsables britanniques et nord-américains, dès 1946. Une première concrétisation sera le « traité de Bruxelles » (1948) entre la Belgique, le Luxembourg, les Pays Bas, le Royaume Uni qui prévoir une collaboration à long terme dans les domaines économiques, sociaux et de « légitime défense ». A la fin de l’année, des négociations s’ouvrent autour du Traité, entre les pays du pacte de Bruxelles et les USA et le Canada.
Ce traité sera signé le 4 avril 1949, avec, en plus des pays déjà cités, la France, l’Islande, l’Italie, la Norvège, le Portugal. Les objectifs de cette alliance sont politiques, économiques (la défense du « libre échange » sanctuarisé dans le traité de Bretton Woods) et militaires. L’article 5 spécifie : « les pays membres conviennent de considérer une attaque armée contre l’un d’eux, en Europe ou en Amérique du Nord, comme une attaque dirigée contre tous ». L’ennemi implicite, c’est l’URSS. L’impérialisme US pousse les Etats européens à se réarmer, mais garde toute liberté de négocier directement avec l’URSS ;
En 1952, la Grèce et la Turquie rejoignent l’Otan.
En octobre 1954, il est mis fin à l’occupation de l’Allemagne de l’ouest : l’Union de l’Europe occidentale qui est créée dans la foulée intègre l’Allemagne (RFA). Celle-ci intègre l’Otan en mai 1955. Cette décision soulève une forte réprobation, car elle ouvre la porte à la participation de l’armée allemande à des guerres.Le Pacte de Varsovie est créé le 14 mai 1955, soit 6 ans après l’Otan.
Dès 1960 ; la notion de « pilier européen de l’Otan » est avancée. Elle mettra du temps à s’imposer. Elle avancera dans les faits à travers la coopération militaire franco-allemande/
1963 : De gaulle et Adenauer lance l’idée d’une coopération militaire pérenne entre les deux pays.
Mars 1966 : De Gaulle décide de retirer la France des structures de commandement militaire intégré. Le siège de l’Otan est transféré de Paris à Bruxelles (le Saceur)Les années 80 ; « ni Pershing, ni cruise, ni SS-22 »
1979 : double décision de l’Otan de moderniser les forces nucléaires, de déployer en Europe les Pershing et les missiles de croisière. Des puissantes manifestations se déroulent dans les capitales d’Europe contre cette décision qui accroît les tensions avec l’URSS qui déploie les missiles SS-20. Mitterrand se prononce devant le Parlement allemand en faveur du déploiement des missiles.
Mai 1982 : adhésion de l’Espagne, malgré l’opposition populaire qui dénonce notamment la base aéronavale de Rota, près du détroit de Gibraltar, qui abrite plusieurs bombardiers nucléaires.
En 1987, Mitterrand et Kohl lance la brigade franco-allemande qui deviendra un corps européen en 1992.
La dissolution du pacte de Varsovie et l’élargissement des missions et des terrains d’intervention de l’Otan
9 novembre 1989 : Chute du Mur de Berlin. La dissolution du pacte de Varsovie est proclamée le 21 février 1991. L’Otan qui devrait, en toute logique, être dissoute, affirme au contraire sa volonté d’étendre ses objectifs et son champ d’action à la défense des « approvisionnements en ressources vitales », à la lutte « contre la prolifération des armes de destruction massive » et contre « le terrorisme ». La « déclaration de Rome » fixe aussi l’objectif d’engager une coopération avec les pays anciens membres du pacte de Varsovie : l’extension de l’Otan est engagée, en direction des ex-pays de l’Est et des républiques indépendantes de l’ex – URSS. L’ex-RDA sera la première à intégrer l’Otan, en 1990, du fait de la réunification. A l’époque, l’assurance est donnée que l’Otan ne s’étendra pas davantage à l’est !
Février 1992, le traité européen de Maastricht stipule explicitement les liens entre l’Union et l’Otan
Le 21 janvier 1993, un protocole définit les modalités d’emploi de l’eurocorps dans le cadre des opérations de l’Otan.28 février, guerre de Yougoslavie ; l’Otan intervient militairement. Elle bombardera la Serbie pendant 11 semaines. La France participe à ces bombardements.
En décembre 1995, Chirac annonce le retour dans le comité militaire, à l’exception de certains commandements.
Des accords de coopération sont conclus avec l’Ukraine, l’Estonie
Juin 1996 : décision de construire une « identité européenne de sécurité et de défense » à l’intérieur de l’Otan.
Mai 1997 : pour essayer de donner des garanties à la Russie, un accord de partenariat Otan-Fédération de Russie est conclu. Mais en juillet, des pourparlers sont engagés avec la Hongrie, la Pologne et la République Tchèque, qui adhèrent formellement en mars 1998.
Parallèlement, les USA installent des bases militaires dans les Balkans et dans des pays de l’Est.
Le 24 mars 1998, l’Otan déclenche des frappes au Kosovo, sans mandat de l’Onu, une première.L’Otan globalisée
En avril, 1999, le 50ème sommet de l’Otan adopte le « concept stratégique pour le XXIème siècle », qui transforme l’organisation régionale en organisation militaire globale : « la sécurité de l’Alliance doit s’envisager dans un contexte global ».
L’insistance est mise sur le renforcement des liens militaires avec l’Union européenne.2000 l’Otan lance le « dialogue méditerranéen », avec l’Egypte, Israël, la Jordanie, la Mauritanie, le Maroc et la Tunisie.
Aout 2001 : Opération en Macédoine
12 septembre : mise en œuvre de l’article 5, sur la solidarité mutuelle entre Etats membres, suite aux attentats du 11 septembre.
20 décembre 2001 : le conseil de sécurité de l’Onu confie à l’Otan la conduite des opérations en Afghanistan. Ce n’est pas une force armée de l’Onu, mais une coalition de « volontaires », y compris de pays non membres de l’Alliance, sous la direction de l’Otan.
2002 : négociations avec la Bulgarie, l’Estonie, la Lettonie, la Roumanie et la Slovénie pour leur adhésion.
Rumsfeld fait adopter la création d’une force de réaction rapide de 25 000 hommes, véritable corps expéditionnaire multinational, qui agit en dehors de l’aval de l’Onu.
Renforcement des liens UE-Otan. En 2003, c’est l’UE en tant que telle qui prend le commandement de l’opération engagée en Macédoine.
La structure de commandement régional est abandonnée pour un seul commandement (le Shape) basé à Mons.
En août, l’Otan prend le commandement de la force mandatée par l’Onu en Afghanistan. C’est la première opération militaire Otan hors de sa zone « naturelle ».En 2004, l’Otan décide d’apporter une aide à la formation des forces irakiennes : c’est un pas dans son engagement dans cette guerre. Le sommet d’Istanboul renforce la coopération avec les pays du pourtour méditerranéen, dans la « lutte contre le terrorisme ». C’est la mise en œuvre du plan Bushien de « Grand Moyen Orient ».
2005 : Elle coopère avec les forces de l’Union africaine déployées au Darfour. Le dispositif est renforcé en Afghanistan.
2006 : discussions avec la Nouvelle Zélande. Des partenariats avec le Japon, la Corée du Sud et l’Australie sont engagés.
La stratégie d’emploi évolue vers des opérations de plus petite ampleur, mais plus fréquentes, en collaboration avec des organisations internationales et des ONG. Les plans prévoient deux opérations de grande ampleur, mobilisant 300 000 hommes et six opérations moyennes (de 30 000 hommes chacune) partout dans le monde. Le secrétaire général explique « l’Alliance doit avoir vocation à exporter la sécurité tous azimuts, là où ce sera nécessaire ».
L’otan prend le commandement de l’ensemble des forces déployées en Afghanistan qui sont appelées à intervenir plus massivement.2007 : le gouvernement géorgien décide d’accélérer l’adhésion du pays à l’Otan.
Bush promulgue une loi sur l’élargissement à l’Albanie, la Croatie, la Géorgie, la Macédoine et l’Ukraine.2008, le sommet de Bucarest retarde l’adhésion de la Macédoine, de la Géorgie et de l’Ukraine. Les Etats européens avalisent le déploiement du système anti-missile US en Pologne et en République Tchèque.
Sarkozy confirme l’envoi de troupes supplémentaires en Afghanistan et la réintégration complète dans le commandement militaire intégré en 2009. Il avait annoncé un changement de cap de la politique vis-à-vis de l’Otan dans son discours aux ambassadeurs en août 2007, dans lequel il faisait le lien entre la défense européenne et la place de la France dans l’Otan.Budget de l’Otan : 1735 milliards d’euros en 2005 (contributeurs ; USA (29%), Allemagne (19,9%), Royaume Uni (11,5%), Italie (7,33%), France (6,4%)
Les Etats membres s’engagent à consacrer 2% de leur budget à la défense.La politique de l’Otan ne peut être dissociée de celle des USA. Ainsi, le bouclier anti missile que Washington veut déployer en Pologne et en République tchèque, va de paire avec l’intégration de ces deux pays dans l’Otan, malgré la forte opposition des populations qui craignent à juste titre l’accroissement de la tension avec la Russie. Le « commandement Europe » (EUCOM) des forces US en Europe est en même temps le commandement suprême des forces de l’Otan. Il accueille aussi le siège du commandement « Afrique » (Africom) à Stuttgart (Allemagne). L’ensemble de la chaîne de commandement de l’Otan est sous contrôle nord-américain.
L’élargissement géographique de l’Otan, les définitions de ses missions toujours plus globalisées, en font un instrument au service de la politique de domination économique, politique et militaire des USA.
Ces dernières années, les autorités françaises ont voulu faire de la France le « bon élève » de l’Otan, en participant à la plupart de ses opérations militaires (Afghanistan, Kosovo, Bosnie, Macédoine, et y compris dans la formation des forces de sécurité irakiennes), en obtenant « la certification Otan des forces armées, en participant à la force de réaction rapide…
Sarkozy a franchi une nouvelle étape en décidant à la fois de réintégrer le commandement militaire et de renforcer le contingent français en Afghanistan. Il reprend en outre la vision du « choc de civilisations ».
Nous devons dénoncer cette décision qui engage notre pays dans un dangereux engrenage de guerres.Christian Pierrel
Directeur de publication de La Forge
Organe central du Parti Communiste des Ouvriers de France
www.pcof.net
Contre-sommet du 60ème anniversaire de l'OTAN : Strasbourg-Kehl 2-5 avril 2009
14-15 février 2009 : Rencontre internationale préparatoire à Strasbourg
Ouvert à tous. Voir le programme et les hébergements (fichiers doc)
Inscriptions / renseignements : http://www.no-to-nato.org / hr.braungmx.net
De nombreuses initiatives commencent à voir le jour pour préparer ce contre-sommet :
ILE DE FRANCE : 22 janvier - Université Paris 7 à 12h en amphi 5C
31 janvier - Champigny (94) Conférence-débat, à 14H30
Salle Jean Morlet 19/21 rue Albert Thomas. Contact: cloamaryyahoo.fr
12 février - Paris 11ème - Conference-débat - Mairie du 11eme contact: josette.herouwanadoo.fr
6 Mars - Paris Sud - Conférence-débat - contact edith.boulangermvtpaix.org
31 Janvier - St-Ouen - Réunion des Organisations du 93 à la Bourse du TravailOUEST : Bretagne - Fin février tournée conférence - débat. Contact roland.nivet
mvtpaix.org
SUD-EST : Marseille - 14 mars - 6 Heures pour la paix. Non à la guerre non à l'Otan. Contact regine.minetti
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SUD-OUEST : Toulouse - Festival «Foutez leur la paix» le 12 mars. Contact Richard 06 32 07 23 90 laguerretue
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NORD : Caen (14) Contact du collectif claude.ruelland
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CENTRE : Bourges (19) Contact du collectif : annie.frison
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CONTRE-SOMMET DE L’OTAN (2-5 avril à Strasbourg) :
CONFERENCE DE PRESSE INTERNATIONALE le 12 janvier 2009 à 10H30Bourse du travail -3 rue du Château d’eau, Paris- M° République
A l’invitation du Comité international préparatoire au Contre sommet de l’Otan
Contact presse : Catherine Rio 01 40 12 09 12 catherine.riomvtpaix.org
Le Comité international préparatoire au Contre-sommet de l’Otan représente à ce jour plus de 400 organisations du monde entier autour de l’Appel* lancé à Stuttgart en octobre 2008 (voir site www.no-to-nato.org) pour dire « NON A LA GUERRE - NON A L’OTAN.»
A l’occasion du Sommet du 60ème anniversaire de l’OTAN, ces organisations appellent à manifester à Strasbourg, Kehl et Baden-Baden du 2 au 5 Avril 2009 « contre les politiques militaires et nucléaires agressives de l’OTAN et pour affirmer l’exigence qu’un monde juste et sans guerre est possible. »Le Comité international préparatoire se réunira à Paris le 12 janvier et présentera les projets du contre Sommet, ainsi que les analyses et propositions des représentants du monde entier concernant les politiques de l’Otan, sous la présidence de Reiner Braun (Ialana- Allemagne), Sophie Zafari (FSU), Kate Hudson (CND –Grande Bretagne) et Arielle Denis (Mouvement de la paix)
Le Comité international préparatoire est relayé et accueilli en France par le Collectif Otan- Afghanistan* (www.appelotanafghanistan.org) et localement à Strasbourg par le Collectif strasbourgeois anti-Otan.
* ACCA, ACDN, ACG, Alternative Libertaire, Les Alternatifs, ANECR, ARAC, ATTAC, Américains contre la guerre (AAW), Collectif des Iraniens contre la guerre, Collectif Faty Koumba, Collectif « la Guerre Tue », DIDF, Droit-Solidarité, FSU, Initiative Féministe Européenne, IPAM/CEDETIM, LCR, MARS-Gauche Républicaine, MRAP, Le Mouvement de la Paix, M’PEP, NPA, PCF, PCOF, Parti de gauche -PRS, UJFP, Union pacifiste, Union syndicale SOLIDAIRES, Les Verts...
Appel de Stuttgart du 5 octobre 2008 : NON A LA GUERRE - NON A L’OTAN
A l’occasion du soixantième anniversaire de l’OTAN, nous vous appelons à venir manifester à Strasbourg et à Kehl en Avril 2009 contre les politiques militaires et nucléaires agressives de l’OTAN et affirmer l’exigence qu’un monde juste et sans guerre est possible.
L’OTAN est un obstacle croissant à la réalisation de la paix mondiale. Depuis la fin de la guerre froide, l’OTAN a tenté de se redéfinir comme outil militaire aux mains de la « communauté internationale » , promouvant la soi-disant « guerre contre le terrorisme ». En réalité, c’est un instrument militaire dirigé par les Etats-Unis qui dispose de bases militaires sur tous les continents, outrepasse les Nations Unies et les règles du Droit international, encourage la militarisation et l’escalade des dépenses militaires_ les pays de l’OTAN cumulent 75% des dépenses militaires mondiales. En poursuivant depuis 1991 son projet d’expansion au service de ses intérêts stratégiques et du contrôle des ressources, l’Otan a engagé une guerre dans les Balkans sous la dénomination fallacieuse de « guerre humanitaire » et mène depuis 7 ans une guerre brutale en Afghanistan, où la situation empire de façon tragique s’étendant désormais au Pakistan.
En Europe, l’OTAN aggrave les tensions, alimente la course aux armements avec le prétendu « bouclier » antimissile, un arsenal nucléaire gigantesque et sa doctrine de « première frappe nucléaire ». La politique de l’Union Européenne est de plus en plus liée à l’OTAN. L’expansion actuelle et potentielle de l’OTAN en Europe de l’Est et au-delà, ainsi que ses opérations « hors zone » font courir un danger à la paix mondiale. Le conflit du Caucase en est un exemple clair. Toute progression de l’implantation de l’OTAN augmente les risques de guerre, y compris le danger du recours aux armes nucléaires.
Afin de réaliser notre dessein d’un monde pacifique, nous nous opposons à toutes réponses militaires aux crises mondiales et régionales, elles constituent une partie du problème et en aucun cas une solution. Nous refusons de vivre dans la crainte du recours à l’arme nucléaire et nous rejetons toute nouvelle course aux armements. Nous devons diminuer les dépenses militaires et utiliser ces ressources pour faire face aux besoins vitaux de l’humanité. Toutes les bases militaires étrangères au pays où elles sont implantées doivent être fermées. Nous nous opposons à toute implantation militaire utilisée pour faire la guerre. Nous voulons démocratiser et démilitariser les relations entre les peuples et établir de nouvelles formes de coopérations pacifiques afin de construire un monde plus sûr et plus juste.
Nous vous appellons à diffuser ce message et à inviter chacun à venir à Strasbourg et à Kehl afin de transformer cette vision en réalité. Nous pensons qu’un monde de paix est possible !
NON A LA GUERRE – NON A L’OTAN
Activités proposées pendant le Contre sommet de l’Otan :
- Samedi 4 avril : manifestation
- Du Jeudi 2 au Dimanche 5 : Conférence internationale
- Actions de désobéissance civile non violentes
- Camp international de résistance du mercredi 1er au dimanche 5Prochaine réunion du groupe de travail international : Bruxelles 1er décembre
Prochaine conférence internationale : 14 et 15 février à Strasbourg (à confirmer)Contact : www.appelotanafghanistan.org
Campagne Contre-sommet du 60ème anniversaire de l'OTAN : Strasbourg-Kehl 2-5 avril 2009
Une conférence internationale préparatoire au Contre-Sommet anniversaire de l'Otan s'est tenue à Stuttgart les 4 et 5 octobre.
Cette rencontre fait suite à la conference sur l'Afghanistan de Hanovre en Juin, et à l'Assemblée qui s'est tenue au FSE de Malmö.
107 délégués de 16 pays dont la Géorgie et l'Afghanistan étaient représentés. 11 Français étaient présents.
>> Voir les photos
18 octobre 2008 : Journée d'action pan-canadienne
Mettons fin à la guerre en Afghanistan !
Rapatrions les troupes canadiennes maintenant !
Le Collectif Échec à la guerre et l’Alliance canadienne pour la paix appellent à une journée d'action pan-canadienne le 18 octobre 2008 pour exiger la fin de la guerre en Afghanistan et le rapatriement immédiat des troupes canadiennes.
Le 13 mars dernier, les partis Libéral et Conservateur ont ignoré la volonté de la majorité des Canadiens et des Canadiennes et ont voté la prolongation de la participation du Canada à la guerre en Afghanistan jusqu'en juillet 2011. Face à cette décision clairement antidémocratique, le mouvement anti-guerre au Québec et au Canada s'engage à faire entendre encore davantage la voix de celles et ceux qui s’opposent à cette guerre et à dénoncer les mensonges et les silences qui l’entourent.
Les multiples tentatives d’embellir la réalité de cette occupation, en claironnant tels progrès ou telles avancées, sont immanquablement contredites par la réalité. Ainsi, avec le déploiement d’effectifs militaires plus élevés que par le passé (aujourd'hui environ 71 000), plus de soldats de l'OTAN ont été tués en Afghanistan qu’en Irak en mai et en juin de cette année.
De temps en temps, nous entendons parler de «dommages collatéraux» alors que les forces d’occupation continuent de tuer des civils. Seulement au mois de juillet, au moins 80 civils afghans ont été tués, dont 47 personnes – pour la plupart des femmes et des enfants – bombardées alors qu’elles participaient à un mariage et deux très jeunes enfants, abattus dans l’automobile de leurs parents par des soldats canadiens. Commentant ces tueries aveugles de civils, le journal afghan Weesa Daily écrivait : « Ces bombardements arbitraires et ces tueries brutales se sont si souvent répétés, en près de sept ans, qu’il est maintenant difficile de croire que ces forces étrangères sont venues dans notre pays pour nous aider ». Puisque les troupes canadiennes sont très impliquées dans cette guerre, utilisant notamment des chars d’assaut et tirant des millions de balles et d’obus (incluant des munitions sophistiquées très destructrices et très dispendieuses), nous posons au gouvernement et aux médias canadiens une question très simple : le peuple canadien peut-il voir sur qui et sur quoi les troupes canadiennes tirent toutes ces munitions ? et avec quels résultats ?
Malgré plusieurs tentatives contradictoires de la part des Conservateurs pour rassurer le public à l’effet que les prisonniers sont bien traités en Afghanistan, nous savons que la torture et les mauvais traitements des détenus afghans sont courants encore aujourd’hui. Le Canada ne peut pas continuer à soutenir une telle conduite illégale et immorale.
Le secret et le contrôle total de l’information sont devenus la politique officielle du gouvernement Harper sur les questions de guerre et de "défense", alors que chaque demande d’accès à l'information doit maintenant être approuvée et traitée par un groupe spécial relevant du Bureau du Premier ministre. Récemment, cette politique a empêché des journalistes d'enquêter de manière approfondie sur les problèmes de santé mentale qui affectent les soldats canadiens qui reviennent d'Afghanistan et les anciens combattants canadiens en général. Même les résultats du recrutement mené par les Forces canadiennes sont maintenant considérés comme des informations sensibles, alors que la publication des chiffres pour 2007-2008 a été retardée pendant des semaines!
Tous ces mensonges sur comment la guerre est menée découlent des mensonges initiaux quant au pourquoi de cette guerre. Le 19 juin dernier, le Centre canadien de politiques alternatives (CCPA) a publié un rapport intitulé A Pipeline Through A Troubled Land, Afghanistan, Canada, and the New Great Energy Game (dont il existe un résumé en français intitulé L’Afghanistan et la nouvelle « guerre » de l’énergie). Ce rapport soulève de graves questions quant au rôle des Forces canadiennes en Afghanistan pour « sécuriser » le tracé du futur gazoduc « Turkménistan- Afghanistan-Pakistan-Inde » (TAPI) qui doit traverser la province de Kandahar.
Au cours des dernières décennies, l’intérêt des Occidentaux en Afghanistan a toujours été de contrôler les lignes d’approvisionnement en énergie. Toutes les décisions politiques majeures, de l'appui aux Moudjahidins aux applaudissements lors de la prise du pouvoir par les Talibans en Afghanistan, et maintenant le soutien au nouveau gazoduc TAPI, ont toujours été fondées sur le besoin de contrôler la distribution du pétrole et du gaz de la Mer Caspienne en empêchant les concurrents potentiels, la Russie, la Chine et l'Iran, de le faire. Les sociétés canadiennes du pétrole et du gaz seront appelées à jouer un rôle dans la construction de ce nouveau gazoduc.
Non seulement le gouvernement Harper a-t-il engagé le Canada à être en Afghanistan jusqu'en 2011 – un engagement militaire plus long que ceux des deux guerres mondiales – ses dépenses militaires se chiffrent actuellement à plus de 50 millions de dollars par jour et il cherche à les augmenter encore bien plus – à raison de 490 milliards au cours des prochaines vingt années !
Joignez-vous aux actions du 18 octobre prochain pour exiger du gouvernement Harper qu’il dise la vérité sur la guerre que le Canada mène en Afghanistan et qu’il rapatrie les troupes dès maintenant !
Afghanistan : la situation s'est détériorée ces derniers mois, selon Ban
29 septembre 2008, Centre d'actualités de l'ONU – La situation sur le plan de la sécurité en Afghanistan s'est détériorée ces six derniers mois avec une multiplication des attaques par des éléments antigouvernementaux, estime le Secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon dans un rapport rendu public lundi.
« Indépendamment des progrès enregistrés dans certains domaines, mon impression générale est que la situation dans le pays s'est détériorée au cours des six derniers mois », déclare M. Ban dans ce rapport remis au Conseil de sécurité de l'ONU. « L'influence des insurgés s'est étendue au-delà des zones traditionnellement instables et s'est intensifiée dans les provinces voisines de Kaboul. Les incidents liés aux activités transfrontières menées depuis le Pakistan se sont sensiblement multipliés, et les moyens utilisés sont en outre devenus plus sophistiqués », ajoute-t-il.
Il note toutefois des progrès « dans les préparatifs pour l'enregistrement des électeurs, de même que dans la lutte contre les stupéfiants, avec une diminution de la culture du pavot et de la production d'opium ».
La situation humanitaire s'est aussi détériorée au cours des derniers mois, « en partie à cause du conflit en cours et en partie en conséquence de la coïncidence des crises », relève M. Ban. « Le problème humanitaire le plus urgent tient au fait que la sécheresse et le cours mondial élevé des denrées alimentaires ont entraîné des pénuries de vivres dont souffre un sixième de la population du pays. Cette situation exige une intervention urgente, dans une perspective à court aussi bien qu'à long terme », écrit-il.
A l'avenir, sur le plan de la sécurité, Ban Ki-moon se dit « fermement convaincu que la tendance négative peut être inversée. La Conférence de Paris, qui s'est tenue en juin, a offert un programme et une feuille de route ».
Il estime toutefois qu'un « changement de rythme et d'orientation s'impose ». « Il est évident que nombre des engagements pris à Paris ne peuvent être réalisés à court terme. Néanmoins, toutes les parties à la Conférence de Paris doivent tout mettre en œuvre pour honorer aussi vite que possible les engagements qu'elles ont pris. Il est primordial que les Afghans commencent à constater rapidement et clairement que nous nous sommes engagés sur une autre voie, qui ne manquera pas de produire des résultats », ajoute-t-il.
Les Afghans « doivent constater que la corruption est punie et la compétence récompensée. Les civils doivent être protégés, non seulement du terrorisme et de l'insurrection, mais aussi des conséquences fortuites des opérations militaires progouvernementales. Ils doivent éprouver un sentiment de confiance plus profond en la communauté internationale, aussi bien civile que militaire, et en particulier envers leur propre gouvernement », dit-il.
Afghanistan : Avant que d’autres cercueils ne nous reviennent...
Certaines fautes restent dans l’histoire. Quant à leurs auteurs, ils hantent pour la nuit des temps tels des spectres le grand livre des semeurs de mort. Puisqu’il est coupable, Sarkozy sera peut-être de ceux là. Et coupable et fier de l’être en plus, jusqu’au mépris de la parole donnée devant les électeurs qui ne savaient pas, il y a un ans et demi, qu’ils allaient, aussi, élire un va-t-en guerre atlantiste.
Seulement voilà, l’hôte de l’Élysée la voulait, « sa » guerre. Non seulement pour singer le croisé Bush et se donner ainsi l’illusion de la puissance retrouvée via le retour à l’Otan mais bien, et c’est plus grave, pour réorienter radicalement la politique étrangère de la France, rompant avec son prédécesseur.
Ainsi au printemps dernier, sommé par Bush de rejoindre la cohorte des caniches du monde, Sarkozy a insulté sa propre mémoire en contredisant ses promesses : « La présence à long terme de la France en Afghanistan ne me semble pas décisive » déclarait il en avril 2007.
Et il ajoutait à l’époque : «Aucune armée étrangère n’a réussi dans un pays qui n’est pas le sien. Aucune!» Cette lucidité (que l’on sait désormais de façade) n’a pas franchi les portes du Palais. Et pour cause. C’est donc seul, absolument seul, sans que le peuple soit consulté d’une manière ou d’une autre, que le chef de l’État et des armées a pris la décision invraisemblable d’augmenter la présence militaire française et, signe d’escalade, de déployer nos troupes au-delà de Kaboul, directement « au contact » des forces talibanes.
Pour se justifier, il lui suffisait alors d’emprunter à Bush et aux néoconservateurs la rhétorique inventée au lendemain du 11 septembre 2001 : « La guerre contre le terrorisme ». Cette propagande absurde a assez duré. Comme a assez duré cette stratégie de guerre, humainement insupportable et politiquement mortifère. Non, le terrorisme ne se combat pas par la guerre et l’aveuglement.
Car depuis l’intervention illégale en Irak, depuis qu’un nouveau bourbier s’installe en Afghanistan, le monde est plus instable, plus incertain, dans un contexte de récession et de crise financière qui met à mal l’hyperpuissance et attise sa quête de nouveaux espaces de domination. Les derniers attentats au Pakistan devraient d’ailleurs nous inviter à la raison : le problème principal de notre temps, c’est l’état de guerre permanent, pas le sur-fantasme des menaces qui ne nourrit que la haine.
Tandis que les parlementaires sont invités à se prononcer sur la nature de l’engagement français en Afghanistan, des milliers de manifestants un peu partout en France ont interpellé nos élus en les exhortant : « Ne votez pas la guerre ! ». Depuis la mort de dix de nos soldats, l’indignation est telle que l’omerta se brise. Des parents osent réclamer le retour des militaires, comme le fait cette mère de famille dans nos colonnes. Autant le dire : tous nos parlementaires feraient bien de lire cette lettre adressée à Sarkozy : « Rendez nous nos enfants, cessez de mentir » écrit courageusement une mère.
Avant que d’autres cercueils ne nous reviennent, il n’est pas trop tard pour éviter que dans quelques semaines nous nous remémorions le souvenir de ces simples mots sortis de la douleur, arrachés à la nuit et qui, dans la folie de l’actualité, contiennent tout ce que l’humanité d’une mère peut laisser imaginer.
Source : PCF 22 septembre
Comment sortir d’Afghanistan...
Samedi 20 septembre 2008, par Alain Gresh
La critique la plus commune à toute proposition de sortie d’Afghanistan, comme celle formulée sur ce blog, est : on ne peut laisser le pays sombrer dans la guerre civile. Comme pour l’Irak, on pourrait répondre que le pays est déjà en guerre civile. Mais on ne peut en rester là. Il est clair qu’un retrait précipité des troupes étrangères d’Afghanistan, sans négociations, risquerait d’accroître le chaos.Alors, que peut faire la France ? Elle pourrait faire des propositions, y compris aux Etats-Unis. Si celles-ci étaient refusées, elle serait alors libre de se désengager militairement.
L’idée que l’on devrait se consacrer d’abord à la reconstruction, à l’aide économique, n’est malheureusement plus d’actualité. Le niveau des combats et l’insécurité qui règnent dans le pays rendent toute entreprise de reconstruction sans solution politique illusoire.
La mission internationale en Afghanistan est légitimée par une résolution du Conseil des Nations unies. Il faudrait d’abord redonner à cette institution le dernier mot sur ce qui se passe dans ce pays.
Le Conseil de sécurité pourrait annoncer que, d’ici à un an, les troupes étrangères devraient avoir quitté l’Afghanistan.
Durant cette période intérimaire :
- L’ONU convoquerait une réunion régionale des pays intéressés par une solution pacifique du problème afghan. La Russie, la Turquie, l’Iran, qui sont particulièrement concernés par l’avenir du pays, pourraient être associés ; un rôle pourrait être joué par l’Organisation de la conférence islamique (OCI). Des pressions politiques internationales seraient exercées sur le Pakistan pour qu’il mette un terme à l’instabilité à sa frontière et pour que soient mis au pas les renseignements militaires qui fournissent une aide à Al-Qaida et aux talibans. Comme le demande une majorité des Pakistanais, des négociations pourraient être menées avec les talibans pakistanais pour que, dans le cadre d’un calendrier de retrait des troupes étrangères d’Afghanistan, ils mettent un terme à leurs actions à travers la frontière et mettent fin à la présence des combattants non pakistanais ;
- L’ONU convoquerait une conférence de toutes les forces afghanes pour négocier la fin du conflit dans la perspective d’un retrait des troupes étrangères. Cette négociation inclurait les différents chefs de guerre, les talibans, les diverses minorités ethniques et surtout les tribus qui jouent un rôle central, dans le cadre d’une Loya Jirga (grande assemblée). Elle viserait à former un gouvernement d’union nationale. Un certain nombre de principes seraient définis qui permettraient d’atteindre des objectifs importants : tenue d’élections ; droits des femmes, notamment à l’éducation ; lutte contre la corruption ; éradication de la culture de la drogue. La communauté internationale pourrait s’engager, dans ce cadre, à fournir une aide massive et les diverses factions assureraient la possibilité de travail des ONG (y compris des ONG musulmanes) pour pallier les insuffisances d’un Etat qui restera défaillant pendant encore quelques années.
On peut noter que la position des ONG françaises présentes sur le terrain ne semble pas très éloignée de ces propositions. Dans un article sur le site du Monde (20 septembre), « Les ONG françaises tirent la sonnette d’alarme » (Jacques Follorou), on peut lire :
« Les ONG françaises admettent que de nombreux projets ont vu le jour en Afghanistan en matière de reconstruction et d’aide d’urgence. Mais le constat globalement négatif a généré, selon Pierre Lafrance, président de Madera, “un ressentiment” au sein de la population à l’égard d’une communauté internationale “qui n’a pas répondu aux attentes formulées en 2001 et 2002”. »
« Si le pessimisme semble régner dans les rangs des ONG françaises en Afghanistan, il existerait des raisons d’espérer, dès lors que l’on cessera “d’ajouter la guerre à la guerre”. L’envoi de renforts de troupes françaises ou américaines désespère les humanitaires, qui "réclament une solution politique et sociale pour sortir le pays de la guerre". »
Source : MondeDiplo.net
La guerre en questions ?
Samedi je participais à la manifestation contre la guerre d’Afghanistan avec Marc Dolez député socialiste du nord. Mes amis de PRS ont formé une petite délégation groupée autour de leurs drapeaux. Au moment où je les rejoins, il fait beau et chaud si bien que la manifestation est aussi un moment où l’on peut lever le nez pour jauger les façades du Paris populaire. J’en ai besoin. L’ambiance stressante de la préparation du congrès socialiste m’a asphyxié. Chemin faisant, vers Barbés, je bavarde avec les représentants du Mouvement pour la paix. On convient de se revoir pour approfondir la conversation tout en prenant rendez vous pour les conférences de presse qui vont précéder le débat et le vote à l’assemblée et au Sénat cette semaine. L’actualité sera sur ce sujet. Les figures de la paix et de la guerre reviennent dans le débat public. Elles ne vont pas en sortir de si tôt. Dans ce registre plus que dans tout autre, l’examen soigneux des arguments, leur comparaison et leur vérification est un devoir de précaution constant pour qui veut agir en connaissance de cause. Car très traditionnellement, la guerre nécessite une consommation considérable de mensonges et de zone de silence pour son entretien. Leur mise à nu fournit souvent un éclairage précieux vers la vérité. De cette violence crue du mensonge asséné avec l’aplomb tranquille de l’évidence, nul meilleur exemple que la volte face du président de la République sans autre argumentation que la force de l’affirmation. Le 26 avril 2007, entre les deux tours de la présidentielle, sur France 2, il déclare : « La présence à long terme des troupes françaises à cet endroit du monde ne me semble pas décisive. Si je suis élu, les troupes françaises quitteront l’Afghanistan ». Puis en novembre 2007, au cours de sa visite à Washington, il affirme: « la France restera engagée en Afghanistan aussi longtemps qu’il le faudra, car ce qui est en cause dans ce pays, c’est l’avenir de nos valeurs et celui de l’Alliance Atlantique ». Du retrait au renfort, la France a pris un virage sur l’aile sans autre explication que la décision de son chef des armées. Tout est donc bien possible dès qu’il s’agit de propagande. Ma conviction contre cette guerre est connue. je n’y reviens pas ici. Je veux seulement poser les questions qui peuvent éclairer le moment, si elles trouvaient réponse.
D’un bobard à l’autre
Les Etats-Unis et la France sont allés « en Afghanistan pour défendre la liberté du monde » ? C’est ce que proclame Nicolas Sarkozy,le 20 août à Kaboul et le 21 août en Conseil des ministres. Personne n’a pourtant jamais démontré de lien positif entre les actes de guerre de la coalition en Afghanistan et la « liberté du monde ». Sans excès de mauvais esprit, on pourrait même aisément démontrer l’inverse, à savoir que c’est l’intensification des actes de guerre de la coalition qui nourrit le terrorisme et fait reculer la liberté. Sarkozy n’en est pas à sa première affirmation péremptoire. Dès son discours devant la conférence des ambassadeurs le 27 août 2007, il avait affirmé que pour « prévenir une confrontation entre l’Islam et l’Occident », « notre devoir est d’accentuer nos efforts en Afghanistan ». On ne voyait pourtant pas non plus très bien le lien logique entre les deux, ni d’ailleurs quelle pouvait bien être la réalité d’une confrontation globale entre des entités aussi floues que l’ « Islam » et l’ « Occident ». Le ronflement des phrases creuses de cet acabit n’a jamais cessé pour justifier une présence militaire française dont en réalité plus personne n’énonce clairement les objectifs. Du coup l’emphase éclate comme une bulle de savon a la première question même la plus banale. Ainsi quand le président de la Commission de la défense de l’Assemblée nationale proclame que « la présence militaire française en Afghanistan est l’opération extérieure la plus décisive pour la sécurité de la France » (le 26 août à l’assemblée nationale). Faudrait-il donc en conclure que si la France ne combattait pas en Afghanistan, sa sécurité aurait gravement été compromise ? Par qui ? Comment ? Pourquoi ? Un argument massue de Bernard Kouchner tente de balayer la question : «le terrorisme qui frappe aujourd’hui à Kaboul pourrait frapper demain plus prés de chez nous ». C’est le même argumentaire qui avait été utilisé par les Américains pour justifier leur invasion de l’Afghanistan en 2001 au nom de la légitime défense suite aux attentats du 11 septembre.Nous sommes en danger ? Pourquoi ?UN PASSE OBSCUR
Une bonne preuve de l’effet d’opportunité qui a été à l’origine de l’invasion militaire de l’Afghanistan est qu’elle a été préparée par les Américains et les Britanniques plusieurs mois avant le 11 septembre. Dès l’été 2001, les Américains avaient commencé à envoyer des commandos en Afghanistan et avaient pré positionné d’importantes forces en Egypte tout en déployant avec les Britanniques leurs flottes en mer d’Oman pour préparer l’invasion du pays. Les vrais motifs de l’invasion étaient donc ailleurs que dans la réplique à Oussama Ben Laden, qui n’avait d’ailleurs d’autres lien avec l’Afghanistan que de s’y être réfugié dans les montagnes. Mais qui se souviens que le régime taliban qui gouvernait à l’époque à Kaboul avait déclaré accepter au lendemain du 11 septembre de livrer Ben Laden pour qu’il soit jugé. Peu importait alors aux Américains. Colin Powell affirme alors au monde entier que les Etats-Unis détiennent des preuves de l’implication afghane dans les attentats du 11 septembre et qu’elles seront fournies au Conseil de sécurité. Personne ne les a pourtant jamais vues. Personne ne les réclame depuis. Ce tableau est donc couvert d’une ombre inquiétante depuis l’origine. En effet, les Américains sont très actifs en Afghanistan et au Pakistan depuis la fin des années 1970. Ils se sont fortement appuyés sur les islamistes pour contrer l’influence soviétique dans la région. C’est eux qui ont constitué « Al-Qaïda » à l’époque pour combattre les russes. A ce titre, ils avaient directement armé les Talibans. La prise de pouvoir de ceux-ci à Kaboul en 1996 avait été soutenue par deux alliés de poids des Etats-Unis : l’Arabie Saoudite et le Pakistan. Tout ce passé semble s’être évanoui des souvenirs officiels et des « argumentations » du présent. Pourquoi ?
LE PETROLE BIEN SÛR
Dans cette région du monde, la succession des événements montrent que souvent les motifs d’action sentent très fortement le pétrole. Depuis la chute de l’URSS en 1991, les Etats-Unis font tout pour contrer l’influence russe et iranienne en Asie centrale. En particulier pour désenclaver sous leur contrôle les importantes réserves de pétrole et de gaz du Kazakhstan, de l’Ouzbékistan et du Turkménistan. Les Etats-Unis conçoivent alors un projet de pipe line géant allant de la mer Caspienne jusqu’à la mer d’Oman via l’Afghanistan et le Pakistan. Pour cela ils négocient via la compagnie pétrolière californienne Unocal avec tous les pouvoirs locaux en place. A partir de janvier 2001, le vice-président Dick Cheney suit personnellement le déroulement de ces tractations qui butent sur le refus du régime taliban. On notera que le régime taliban à peine renversé, le 27 décembre 2001, le Turkménistan, l’Afghanistan et le Pakistan signaient un accord relançant le projet de pipeline. Bush a aussitôt comme émissaire spécial à Kaboul un ancien collaborateur du groupe Unocal, le diplomate Zalmay Khalizay et le président Hamid Karzaï a lui aussi été consultant du groupe pétrolier, tout comme le futur ministre afghan des Mines et de l’Industrie Mir Sediq. Cette caricature à peine croyable de main mise est une toile de fond avérée. Mais elle est toujours absente du débat sur les objectifs de guerre en Afghanistan et le bilan de la présence "occidentale". Pourquoi ?
UN BILAN ?
Officiellement, la coalition internationale (37 pays aujourd’hui) qui est intervenue derrière les Etats-Unis, d’abord sous mandat de l’ONU en 2001, puis par délégation à l’OTAN depuis 2003, ne mène pas de guerre. Elle est censée assurer la « stabilisation » et la « pacification » du pays. Avec pour la France, une prédilection théorique pour la formation de l’armée afghane et la reconstruction. Une rhétorique qui continue d’être servie par Bernard Kouchner. « Ca n’est pas une guerre, c’est une mission de paix » tonne-t-il lors de son audition à l’assemblée nationale le 26 août 2008. Pourtant la réalité militaire en Afghanistan n’a plus rien à voir avec les objectifs de départ au nom desquels des troupes françaises ont été engagées en 2001. Le chef d’état major des armées lui-même a reconnu le 25 août que « la France conduit des actions de guerre en Afghanistan » Tout cela dans un immense gâchis technologique : les avions Mirage et Rafale stationnés à Kandahar tirent par exemple chaque mois une vingtaine de bombes à guidage laser dont le prix unitaire se situe autour de 130 000 euros, sur des cibles aussi dérisoires qu’une grotte ou une charrette supposées abrités quelques talibans. La dégradation rapide du bilan de la présence militaire de la coalition fournit une autre preuve du gouffre qui se creuse entre les objectifs affichés et la réalité. Alors que le nombre de soldats occidentaux a cru de 40 000 à plus de 60 000 le nombre de soldats tués a explosé passant de 58 en 2004 à 230 en 2007. La situation militaire ne cesse de se dégrader avec la recrudescence des attaques suicides à raison de 3 à 4 par semaine alors qu’elles étaient quasi inexistantes en 2004. Les affrontements qui ont coûté la vie à 10 soldats français le 18 août sont très révélateurs de cette dégradation : ils ont démontré une puissance tactique et opérationnelle inédite de ce que les généraux français appellent désormais les « forces insurgées » plutôt que les « Talibans ». Ces forces ont en effet soutenu les combats pendant plusieurs heures contre les soldats français, y compris une fois des renforts parvenus sur place. Le lieu est aussi révélateur : à moins de 50 kilomètres de Kaboul, c’est-à-dire dans une zone qui n’est pas du tout réputée comme "talibane". Tout cela indique que l’opposition armée à la coalition est manifestement en train de s’élargir dans une dynamique nationaliste que nourrit l’occupation. Est-ce étonnant ? Car afin de minimiser ces pertes au sol, la coalition intensifie les frappes aériennes dites « chirurgicales » et les vols incessants d’intimidation au dessus des villages afghans dont la population est plongée dans la terreur. La polémique enfle aussi sur les armes « sales » qu’utiliseraient les américains: munitions à uranium appauvri pour percer d’éventuels bunkers ou parois montagneuses et bombes incendiaires au phosphore qui transforment en fournaise les zones où elles sont lâchées. Ces exactions déclenchent des rejets de masse dans la population que les Occidentaux sont censés aider. Il est frappant de voir que le vocabulaire pour nommer l’ennemi suit cette évolution. D’abord il s’agissait de terroristes, à présent il s’agit tantôt de « rebelles » et d’autre fois « d’insurgés »…. Cela n’a pas empêché le ministre français de la défense de continuer à affirmer aux députés : « Allez dans les vallées afghanes, où vous verrez les populations qui sont heureuses que les troupes occidentales soient là » A coup sûr pas les familles des 8 000 afghans tués en 2007. Ni celles des civils tués par erreur par une frappe américaine le 22 août : un dommage collatéral que les portes parole de la coalition ont chiffré à « 5 civils tués » là où le représentant de l’ONU en a dénombré 90. Ce bilan des actions de la coalition et de la situation militaire nous ne pouvons l’établir qu’en recoupant les informations disponibles dans la presse spécialisée et sur les sites internet qui s’intéressent à la situation. Aucun gouvernement n’en produit devant ses assemblées. Pourquoi ?
LA LOI ISLAMIQUE EST TOUJOURS LA
Dans le registre des arguments de propagande, on trouve celui selon lequel « sous le régime des Talibans les droits de l’homme étaient bafoués » (Hervé Morin le 26 août 2008 à l’assemblée nationale). On pourrait lui objecter que c’est le cas de beaucoup de régimes, y compris auxquels la France vend des armes comme l’Arabie saoudite. Mais la situation depuis la chute des Talibans s’est elle améliorée ? Plus de la moitié de la population vit dans l’extrême pauvreté : 53 % des habitants ont moins de 1 dollar par jour. L’Afghanistan est classé depuis 2004 à la 174ème place mondiale sur 178 pays pour l’indice de développement humain. Une situation a rapprocher des sommes englouties par la guerre sur place…La coalition consomme 100 millions de dollars de dépenses militaires par jour et 10 fois moins pour les dépenses civiles de reconstruction. La condition des femmes ? Elle est officiellement meilleure en vertu d’une constitution qui garantit théoriquement l’égalité hommes-femmes. Pour autant, les femmes ne sont considérées par la même constitution que comme une minorité politique, au même titre que des groupes ethniques ou tribaux, auxquels sont réservés des quotas (25 % de femmes à l’assemblée nationale et 16 % au sénat). La même constitution écrite sous l’égide américaine confirme le pays comme république islamique, dans laquelle la base fondamentale du droit reste la charia. A tel point que la cour suprême est chargée de contrôler la conformité des lois à la loi musulmane. Ou encore que l’abandon de la religion musulmane ou la conversion à une autre religion sont toujours punis de la peine de mort. Autant de points qui avaient été salués par l’Iran au moment de l’adoption de cette constitution par la Loya Djirga, assemblée coutumière. Car telle avait été la « Constituante » afghane ! Cette domination du religieux sur les institutions, confortée et défendue les armes à la main par nos soldats en même temps que le régime qui les assume n’est jamais évoquée ni discutée d’aucune façon. Pourquoi ?
Le retour de l’Opium
Depuis 2001, à intervalles réguliers, des conférences internationales pour l’Afghanistan permettent aux occidentaux d’afficher de gigantesques promesses de dons pour la reconstruction. Mais sur les 25 milliards de dollars de promesses cumulées, 10 milliards n’ont jamais été versés, les Etats-Unis détenant le record de promesse non tenue (seule 45 % de l’aide américaine promise a été versée). Et encore, quand l’aide est versée, 40 % est engloutie dans sa gestion et revient donc aux pays donateurs, sous la forme de contrats de sécurité ou de services. Le déséquilibre entre l’effort militaire et l’aide civile est donc béant : depuis 2001 140 milliards de dollars ont déjà été dépensés sur le plan militaire et seulement 7 milliards versés pour l’aide civile ! Cela décrédibilise largement la présence « occidentale » aux yeux de la population. Ce n’est pas tout. 7 ans d’occupation ont progressivement polarisé l’économie afghane autour des besoins des occidentaux présents qui concentrent l’essentiel des investissements, au détriment du développement économique du pays. Celui-ci ne produit plus rien d’autre que de l’opium. Alors que la production de pavot avait commencé à décliner à l’époque des Talibans, l’Afghanistan est redevenu depuis 2004 le premier producteur mondial d’opium avec 95 % de la production mondiale représentant plus de la moitié du PIB du pays. Un record historique a été atteint en 2006 avec la plus grande production d’opium jamais réalisée, encore dépassée en 2007 où l’ONU parle de « nouveau record effrayant » avec une hausse de production de 34 %. Il faut dire que les Américains ont directement utilisé les chefs de guerre, barons de la drogue, pour reprendre les territoires contre les talibans. Ce sont ainsi dans les zones « sécurisées » par les occidentaux et les forces afghanes que la culture de drogue a explosé. Dans son rapport officiel d’étape à l’administration Bush, l’émissaire spécial américain James Dobbins affirmait ainsi en 2005 : « Les drogues sont la principale source d’argent pour financer la reconstruction, dépassant largement les aides internationales cumulées ». Alors même qu’il s’agit du principal motif d’ingérence des USA en Amérique latine, le bilan de la reprise incroyable de la culture du pavot sous les yeux des troupes américaines et de l’absence totale d’action pour l’en empêcher n’est jamais évoqué. Pourquoi ?
La vassalisation des coalisés
L’Europe fournit, à travers ses 25 états membres sur 27 qui sont engagés dans la coalition américaine, plus de la moitié des soldats étrangers présents en Afghanistan. Elle représente 30 % de l’aide publique mondiale versée à l’Afghanistan qui se retrouve 4ème bénéficiaire mondial de l’aide extérieure européenne derrière Turquie, l’ex Yougoslavie et le Maroc. Pourtant l’Europe n’a pris aucune initiative pour changer le cap de la présence occidentale en Afghanistan, alors même que les Etats-Unis sont entièrement dépendants des soldats européens dont le retrait rendrait le maintien américain intenable. Alors que les Talibans avaient quasiment disparu du territoire en 2004, c’est donc la décision américaine de maintenir durablement l’occupation militaire du pays en y installant d’immenses bases qui leur a donné progressivement l’occasion de reprendre pied dans la population à partir de 2005. Les alliés des Etats-Unis l’ont bien vu. Et la coalition elle-même a commencé à battre de l’aile fin 2007 : les Canadiens ont menacé de quitter le sud afghan, l’Italie et l’Allemagne ne maintiennent leur présence que provisoirement et au prix de débats nationaux houleux et enfin la Corée du sud se retire carrément. De la sorte on peut dire que ceux qui font du zèle aujourd’hui sont ceux qui acceptent une véritable vassalisation a l’égard des Etats-Unis d’Amérique dans la conduite de la guerre. Ils paient, combattent et se taisent devant les décisions de leurs chefs. La demande américaine de renforts français était donc vitale pour la coalition elle-même. La réponse positive de Sarkozy a ainsi été saluée par Bush comme une « initiative majeure » et par le très conservateur premier ministre canadien Harper comme « un virage, une rupture historiques ». Tout dans la décision française a d’ailleurs été fait pour envoyer un signal très fort d’alignement atlantiste. Dans la forme avec une première annonce par Sarkozy devant le parlement britannique. Et sur le fond puisque le nouveau bataillon français de 800 homme va soulager les Américains dans l’est afghan, qui pourront se redéployer sur le sud. Avec ce renfort, la France passe de la place de 7ème contributeur à la 4ème , quasi ex-aequo avec l’Allemagne en 3ème position. La décision de Sarkozy conforte aussi au passage la légitimité de l’extension des missions de l’OTAN voulue par les Etats-Unis au-delà de sa vocation purement défensive, comme son intervention hors de la zone européenne. Avec désormais plus de 3 000 soldats français mobilisés sur place ou dans les pays voisins, l’Afghanistan devient la plus importante intervention française à l’étranger, devant les contingents présents au Liban, en Côte d’Ivoire ou en Ex-Yougoslavie. Le tout pour une dépense supplémentaire d’environ 150 millions d’euros par an, alors que l’enlisement du conflit afghan a déjà contribué à l’envolée des surcoûts budgétaires liés aux opérations extérieures, qui sont passés de 100 millions d’euros en 2005 à 360 millions d’euros en 2007, avec un surcoût 2008 qui devrait dépasser les 400 millions. . Et dans ce contexte, de tout côtés va l’antienne : « cette guerre est perdue, cette guerre ne peut pas être gagnée ». A tout le moins, en réponse, devrait-il être expliquée comment elle pourrait être gagnée, en effet. Cela n’est jamais dit. Pourquoi ?
Une impasse reconnue
Les perspectives actuelles de fin du conflit sont si incertaines que le chef d’état major des armées le général Georgelin le qualifiait encore à la mi-mars de « merdier ingérable où nous n’avons aucun intérêt à nous impliquer davantage » (cité par le canard enchaîné). Tous les états-majors ont en effet à l’esprit le précédent de l’occupation soviétique de l’Afghanistan qui s’était soldée par un désastre et plus de 10 000 russes tués en dépit d’une présence de 130 000 hommes pendant 10 ans. Interrogé le 26 août à l’assemblée nationale sur les échéances de l’engagement des forces françaises, Kouchner a carrément avoué : « pour combien de temps ? Personne ne le sait » Pour rassurer l’opinion, le gouvernement insiste aussi sur « l’afghanisation du conflit » qui serait à portée de main. Ainsi, d’après Kouchner, « l’armée afghane c’est l’avenir » ! La réalité est très éloignée. Un évènement récent a fourni la preuve de la déliquescence de l’ « armée nationale afghane » : en mars 2008, le gouvernement afghan a dû lancer un mandat d’arrêt contre le chef d’état major de l’armée afghane, le général Dostom, après que celui-ci a commis diverses exactions. Loin de se soumettre au gouvernement, celui-ci s’est enfui et a rejoint son armée privée, qui était d’ailleurs une des composantes de la fameuse « armée nationale afghane ». Ancien seigneur de la guerre, ce général avait d’ailleurs été imposé par les Américains en 2003 comme vice ministre de la défense puis comme chef d’état major afghan en 2005 ! Le bilan de l’afganisation de la guerre n’est donc jamais fait. Mais on comprend cette fois ci clairement pourquoi. Cette guerre ne se fait pas « avec » les afghans mais contre eux.21 Septembre 2008 - Source : Blog de J-L Melenchon
Manifestation à Marseille le 20 Septembre 2008
Le diaporama de la journée du 20 septembre à Marseille Vieux Port et à la Préfecture de l'Hôtel de région :
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Manifestations en régions
Le comité audois du Mouvement de la Paix a été à l'initiative de la mise en place d'un collectif "Otan-Afghanistan" dans l'Aude.
Avec une conférence de presse mercredi 17 septembre, une lettre aux parlementaires audois, un débat public le 19 septembre et un rassemblement le 20 septembre à Carcassonne face au 3ème RPIMa.


20-21 Septembre 2008 : 5000 manifestants à Paris, des milliers en province
20 Septembre 2008 : Manifestation pour l'Afghanistan, sur Arte Info
Manifestation contre la guerre en Afghanistan le 20 Septembre 2008
Le reportage d'Europe 1 le 21 Septembre (1mn31)
Déploiement d'une banderole contre la guerre en Afghanistan sur le pont de Tolbiac
PARIS, 21 sept 2008 (Agence) - Des opposants à la présence militaire française en Afghanistan ont déployé dimanche matin sur le pont de Tolbiac (XIIIe arrondissement de Paris) une banderole appelant les parlementaires à s’opposer lundi au maintien des forces françaises dans ce pays, a constaté une journaliste (...).
En présence d’une centaine de personnes à l’appel du Mouvement de la Paix, deux personnes sont descendues en rappel le long du pont pour déployer une large banderole rectangulaire sur laquelle était inscrit "Afghanistan : ne votez pas la guerre" "Aujourd’hui, Journée Internationale de la Paix, nous avons voulu interpeller les parlementaires qui vont voter demain la prolongation de la guerre en Afghanistan", a expliqué Catherine Rio, porte-parole du Mouvement de la Paix. "Au début de sa présence en Afghanistan, l’armée française avait un rôle particulier, de sécurité, d’aide, de formation de l’armée afghane" a-t-elle ajouté. "Mais depuis environ un an, il y a un revirement, vers un rôle offensif. La population afghane ne se sent pas protégée, et se tourne vers les talibans". "Il est irréaliste de penser que les militaires peuvent partir d’Afghanistan du jour au lendemain. Nous demandons que la priorité soit donnée à la reconstruction", a pour sa part affirmé Yves-Jean Gallas, vice-président de ce mouvement qui rassemble selon lui "entre 30 et 35 organisations politiques, syndicales, associatives". Samedi, 3.000 personnes selon les organisateurs, 2.000 selon la police ont manifesté à Paris à l’appel du collectif "Otan-Afghanistan : ni guerre ni alliance militaire, paix, liberté, démocratie" pour réclamer le retrait des troupes françaises d’Afghanistan. Des manifestations similaires se sont déroulées dans une dizaine d’autres villes en France.
21 Septembre 2008 : Ne votez pas la guerre
Video de CulturePaix
Afghanistan : Non à la guerre et à l'occupation
Oui à la Paix, à la démocratie et à la reconstruction
Retrait des troupes françaises, Non à l'Otan
Le 22 septembre à l'Assemblée Nationale "le Gouvernement soumettra à l’autorisation du Parlement la prolongation de l’intervention des forces armées en Afghanistan". La manifestation du 20 septembre entend faire entendre notre voix dans ce débat.
Dès l’arrivée des nouvelles troupes françaises déployées en Afghanistan sur des objectifs militaires et ainsi que nous l’avions craint, dix soldats français sont tombés et d’autres sont blessés. A mesure que les combats s’amplifient, les bavures se multiplient : les opérations et les bombardements de l’OTAN font des centaines de victimes civiles, aggravant chaque jour le ressentiment des populations et le rejet d'une présence militaire étrangère de plus en plus considérée comme une occupation.
Le bilan de la présence militaire en Afghanistan décidée par le Conseil de sécurité en 2001 et assumée aujourd’hui par l’Otan est dramatique. Le pays s’enfonce dans le bourbier de la guerre, de la corruption, de la misère et du trafic de drogue. L’insécurité s’est développée. Dans cette situation, les taliban risquent de recueillir une nouvelle légitimité. Les aides internationales promises, quand elles se concrétisent, ne parviennent que rarement aux populations, tandis que d’énormes moyens sont dilapidés dans la guerre et la destruction.
Il est temps de mettre en oeuvre une solution politique internationale fondée sur la solidarité et la coopération des peuples, qui donne la priorité à l’aide d’urgence, à la reconstruction et aux droits du peuple afghan, en particulier aux droits des femmes. Un retrait des troupes de l’Otan s’impose.
Parce que nous repoussons la vision guerrière et manichéenne de «la guerre des civilisations», nous refusons la décision d'intégrer la France dans le haut commandement militaire de l'OTAN. Nous refusons une France alignée sur la stratégie américaine cherchant à faire de l'Union européenne le pilier européen de l'OTAN. Cette politique est une source de nouvelles dépenses militaires au détriment des immenses besoins sociaux.
La France doit faire prévaloir une politique indépendante fondée sur le droit, l'exigence de sécurité collective et préventive et le désarmement et développer avec tous les pays des coopérations en faveur du développement durable et des Droits de l’homme.
Nous demandons aux parlementaires et au Président de la République d'ordonner le retrait du dispositif militaire français et de travailler à une solution qui favorise la reconstruction et la souveraineté de l'Afghanistan.
Nous demandons au Président de la République de renoncer à l'intégration de la France dans l'OTAN.
Nous appelons à participer à la journée nationale d’action
le samedi 20 septembre 2008A PARIS, Manifestation à 14H00 Place de la République
A BORDEAUX, Rassemblement à 14h00 Place Saint Projet
A CAEN, Rassemblement à 14h30 Place du Théâtre
A TOULOUSE, Manifestation à 11H00 devant la statue de Jaurès, métro Capitole
A ANGERS, Rassemblement à 14H30 devant la préfecture avec dépôt de motion
A CARCASSONNE, Rassemblement à 10H30 Porte des Jacobins
A CAHORS, Rassemblement à 11H00 sur le Parvis de la Mairie
A SAINT NAZAIRE, Rassemblement à 16H Place des droits de l'homme
A MARSEILLE, Rassemblement au Vieux Port à 15H
A LYON, Rassemblement Place des Terreaux à 14h
A PAU, Manifestation à 15h00 devant la préfecture
A SAINT-ETIENNE, Rassemblement (vendredi 19) à 17H30 Place Jean-Jaurès
A SAINTES, Rassemblement (vendredi 19) à 18h à la sous-préfecture
A QUIMPER, Rassemblement (vendredi 19) à 18H Place de l'hôtel de villeCollectif Otan-Afghanistan
Paris le 8 septembre 2008
Afghanistan : un enlisement meurtrier
La paix demande une réelle solution politique internationale
Le 19 août 2008, dans la zone de combat contre les Talibans, dix jeunes soldats français sont tombés, victimes de faits de guerre.
Avec leurs familles et leurs proches, nous pleurons le gâchis de ces dix jeunes vies réduites à néant pour des intérêts qui ne sont pas les leurs.
Depuis avril, en même temps que la réintégration de la France dans les plus hautes instances de décision de l’Otan, le gouvernement français a décidé l’envoi de nouvelles troupes en Afghanistan pour des missions de guerre et non plus pour des raisons de formation de policiers et de militaires. Les propos tenus ce matin même à Kaboul par le Président de la République restent dans la même tonalité guerrière et jusqu’au-boutiste.

Or le bilan de la présence militaire en Afghanistan décidée par le Conseil de sécurité en 2001 et assumée par l’Otan est dramatique. Le prétexte de la « lutte contre le terrorisme » ne résiste pas à une analyse attentive de sa réalité, et il représente un amalgame erroné de situations très différentes d'un pays à un autre.
L’aide au développement promise n’est toujours pas arrivée malgré plusieurs conférences internationales, la dernière en juin dernier, pour relancer le processus.
L’aveuglement de l’Otan sur l’usage de la force est catastrophique : non seulement, rien n’est réglé mais la situation continue de se détériorer avec l’expansion de l’insécurité des populations. Selon des sources officieuses françaises, l'Otan est dans «une impasse militaire totale et durable».
Seule la mise en oeuvre d’une solution politique internationale qui donne la priorité à l’aide d’urgence, à la reconstruction et aux droits du peuple afghan peut permettre de sortir de ce bourbier.
La France et l’Union Européenne doivent, de façon libre et indépendante, aider au développement de l’Afghanistan et de sa population et consacrer l’argent dépensé pour la guerre à la reconstruction de cet Etat, à la restructuration et à la remise en marche d’une économie réelle qui ne soit pas aux mains des trafiquants.

Nous demandons au Président de la République française de renoncer à l’envoi de nouvelles troupes en Afghanistan et de rapatrier celles qui sont là-bas pour mener une guerre injustifiée et non pas pour aider à la reconstruction du pays.
Nous lui demandons aussi de prendre toute la distance possible avec l’OTAN qui, ici comme dans le Caucase, est un facteur de guerre et non pas de paix.
Nous ne voulons plus de morts sur les champs de bataille mais des hommes vivants développant avec tous les pays des coopérations en faveur de la paix, du développement durable et des droits de l’homme.Le Mouvement de la Paix va proposer à ses partenaires du collectif « OTAN-Afghanistan » de se réunir dès que possible pour décider des actions à mener contre la dérive aveugle à laquelle nous assistons.
Saint Ouen le 20 août 2008
COMMUNIQUE DU MOUVEMENT DE LA PAIX
MAISON DE LA PAIX, 9 rue Dulcie September – 93400 Saint-Ouen
Tel : 01 40 12 09 12 - Fax : 01 40 11 57 87
Site web : www.mvtpaix.org - mail : national [à] mvtpaix.org
Agréé Association Nationale de la Jeunesse et d’Education Populaire
Contact Presse : Catherine Rio, Attachée de presse, catherine.rio [à] mvtpaix.org
Le président afghan Hamid Karzaï et Nicolas Sarkozy le 20 août 2008
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Retrait des troupes françaises d’Afghanistan
La France doit sortir de l’OtanDix soldats tués, une vingtaine de blessés : le contingent français connaît le sort de toutes les armées d’occupation qui mènent la sale guerre contre l’Afghanistan sous la houlette de Bush et le drapeau de l’OTAN. Si des dizaines de soldats de cette coalition ont déjà été tués, c’est par centaines qu’on compte les victimes afghanes, en grande majorité des civils. Dans cette guerre, il y a deux camps ; celui des agresseurs et des occupants impérialistes et celui du peuple afghan qui se bat contre l’occupation de son pays. Nous sommes solidaires de son combat pour son indépendance, sa souveraineté.
Comme les cercueils de soldats nord-américains revenant d’Irak et d’Afghanistan l’ont fait dans l’opinion publique aux USA, ces morts suscitent de plus en plus d’interrogations et de contestation sur les objectifs de l’engagement de troupes françaises en Afghanistan.
Loin d’envisager leur retrait, Sarkozy en rajoute sur l’engagement de la France dans la « guerre contre le terrorisme » lancée par Bush, reprenant les mêmes arguments qui servent de justification depuis des années à toutes les guerres d’agression contre les pays et les peuples, pour le contrôle des matières premières, du pétrole, du gaz, et des pipelines qui servent à les acheminer vers les métropoles impérialistes.
L’oligarchie US, qui contrôle le système financier et le puissant complexe militaro industriel, confrontée à une très profonde crise qu’elle exporte partout dans le monde, multiplie les guerres et les provocations contre tous ses rivaux, pour les déstabiliser, pour créer un climat de confrontation permanente à coups de conflits et de guerres « locales » qui risquent de dégénérer en guerre généralisée.
C’est l’administration Bush qui a poussé le régime géorgien dans la guerre contre l’Ossétie, à laquelle le régime de Poutine-Medvedev a répondu par une guerre éclair (1).
En réponse, Bush a convoqué les membres de l’Otan, comme au temps de la confrontation entre les deux blocs et a réitéré sa volonté de faire rapidement entrer la Géorgie et l’Ukraine dans l’Otan. Le déploiement des fusées et des bases US se poursuit en Pologne, comme dans d’autres pays de l’Est, aux frontières directes avec la Russie. C’est dans cet Otan, dans cette politique belliciste que Sarkozy veut engager notre pays.Nous sommes de plus en plus nombreux à dire « non » à cette politique de guerre qui engloutit des milliards d’euros qui n’iront ni à l’éducation, ni à la santé, ni à la protection sociale.
En exigeant le retrait de l'Afghanistan et en disant "non" à l'alignement de la France sur l’Otan, nous contribuons concrètement à combattre la politique de guerre de l'impérialisme.
Faisons grandir cette exigence partout, dans le mouvement ouvrier et syndical, dans la jeunesse, dans le mouvement populaire.Paris, 19 août 2008
PARTI COMMUNISTE DES OUVRIERS DE FRANCECourriel : pcof (à) pcof.net – Site : www.pcof.net
(1) Voir notre communiqué « Halte à l'escalade impérialiste dans le Caucase ! » du 12 août.
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11 juin 2008 : Le collectif Otan-Afghanistan appelle à une journée nationale d'actions Les organisations du collectif invitent à organiser dans tous les départements des délégations dans les préfectures et/ou sous-préfectures pour signifier le refus d'envoi de troupes en Afghanistan et la réintégration de l'Otan. Faites-nous part des heures et lieux de rendez-vous.
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Paris, 11 Juin 2008 : Manifestation contre l'envoi de nouvelles troupes françaises en Afghanistan et contre le retour de la France dans les instances de l'OTAN A la veille de la conférence internationale sur l'Afghanistan, le collectif Otan-Afghanistan appelle à une mobilisation nationale le 11 juin, à Paris et devant chaque préfecture, dans chaque département. |
Ni Bush, Ni guerre, ni Otan : Manifestation à Paris le 13 juin 2008 Pour la Paix et la Justice, la démocratie, et le respect du droit des peuples Les 13 et 14 juin, à un moment où le gouvernement français accentue son alignement inacceptable sur la politique des États-Unis, et à la veille de la présidence française de l'Union Européenne, George Bush sera reçu à Paris par le Président Sarkozy. Cette venue doit être l'occasion que s'exprime dans la rue comme aux Etats-Unis et dans le reste du monde le rejet populaire de la politique de domination et de guerre de Bush dont Sarkozy se fait complice. |
Bucarest, la « journée des dupes ». Qui a gagné ?
Le sommet de l'OTAN qui s'est tenu à Bucarest, les 2 et 3 avril, a été une grande kermesse médiatique : 60 pays, invités et journalistes à profusion. Que gardera l'histoire de cette réunion ? Qui en est sorti gagnant ? George W. Bush ? Nicolas Sarkozy ? La paix du monde ? J'ai le sentiment que ce fut surtout une sorte de « journée des dupes »...
Lire l'article de Planète Paix n°532, Mai 2008 (PDF, 1226 Ko)
Otan ? Non merci ! Qu’irait-on faire dans cette galère ?
« L’Otan n’a plus lieu d’être » déclare Pierre Villard, co-président du Mouvement de la Paix.
En annonçant la réintégration de la France dans le commandement militaire de l’Otan, Nicolas Sarkozy donne un gage de plus à son ami George Bush, suprême va-t’en-guerre de la Planète.
Après l’annonce de l’envoi de troupes supplémentaires en Afghanistan pour voler au secours des USA en grandes difficultés, cette annonce très personnelle se fait encore une fois sans avis de la représentation nationale.
L’élection de Nicolas Sarkozy à la Présidence de la République ne lui donne pas tous les droits ! « En privilégiant le dernier vestige de la guerre froide, non seulement il s’inscrit dans le rétroviseur de l’Histoire, mais il expose notre pays aux actions de groupes terroristes qui trouvent dans la politique agressive de George Bush les meilleurs arguments de leur développement au détriment des populations qu’ils terrorisent » analyse Pierre Villard co-président du Mouvement de la Paix.
La France hors du commandement de l’Otan dispose d’une liberté de ton qui lui a permis notamment de s’opposer à l’aventure Etats-unienne en Irak. Elle pourrait mieux et plus en user pour ouvrir une nouvelle ère des relations internationales, celle de l’après Empire qui est en train de s’écrire et dont elle risque d’être écartée. Intégrer l’Otan sans la moindre contrepartie tient de l’imbécile allégeance idéologique mais brade d’un seul coup l’intérêt de la France, de l’Europe et de la paix du monde.
Ce retour dans les structures militaires de l’Otan s’accompagnera inévitablement de crédits militaires supplémentaires. « Les caisses de l’Etat ne sont pas vides pour tout le monde » remarque Pierre Villard. Au moment où le gouvernement justifie des réductions drastiques des dépenses de l’Etat, les richesses de notre pays continuent d’être dilapidées pour les préparatifs de guerre (nouveaux missiles, nouveaux sous-marins, renfort en Afghanistan, …)
« En préparant la guerre, on finit par la faire. C’est très grave » s’inquiète le dirigeant pacifiste qui considère que « l’Otan n’a plus lieu d’être. Dans notre monde globalisé où la sécurité des uns passe par la sécurité des autres, il reviendrait à la France de tout mettre en œuvre pour promouvoir les outils multilatéraux de sécurité, sous l’égide de l’Onu ».
Communiqué du Mouvement de la Paix
Saint-Ouen, le 4 avril 2008
Sarkozy l'américain engage notre pays à la remorque de Bush-la-guerre
Après avoir annoncé l'envoi de renforts militaires français devant le parlement britannique, Sarkozy a confirmé cette décision devant les représentants de l'Otan, réunis à Bucarest. Entre temps, Fillon a été chargé "d'informer" le parlement et de justifier ce renforcement de l'engagement militaire français en Afghanistan par l'argument éculé de la solidarité occidentale dans la lutte mondiale contre le terrorisme.
C'est la porte ouverte à la participation pleine en entière à la "guerre sans fin" de Bush.
Dans la foulée, Sarkozy a annoncé la décision de réintégrer toutes les structures militaires de l'Otan, avant la fin de l'année. Il prétend avoir obtenu en contrepartie, l'accord des dirigeants nord-américains et britanniques au développement d'une « défense européenne ». Ce n'est rien d'autre que ce qui est prévu par le traité européen de Lisbonne, qui dit que « les engagements et la coopération dans ce domaine demeurent conformes aux engagements souscrits au sein de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord, qui reste, pour les États qui en sont membres, le fondement de leur défense collective et l'instance de sa mise en œuvre » C’est donc bien un volet européen, complémentaire de l’Otan. De quelle contrepartie peut-il alors être question ?
La guerre menée en Afghanistan depuis 2001 tourne au bourbier. C'est une guerre d'occupation qui suscite une résistance de plus en plus forte du peuple afghan qui n'a jamais accepté d'être asservi. La Russie s'y est cassé les dents ; les troupes occidentales s'y casseront aussi les dents. Mais Sarkozy n'a rien compris ni rien retenu. Ce qu'il veut, c'est participer à la politique de guerre de Bush. De cela, notre peuple n'en veut pas !
Il faut que grandisse l'opposition à l'envoi de soldats en Afghanistan.
Il faut exiger le retrait immédiat des troupes françaises.Paris, 3 avril 2008 - PCOF - www.pcof.net – courriel : pcof(a)pcof.net
Autres articles parus dans La Forge (pdf, 40 Ko)
À propos de l’envoi de troupes françaises en Afghanistan
« L’Afghanistan n’a pas besoin de renforts militaires, mais d’une véritable solidarité internationale. » déclare Arielle Denis coprésidente du Mouvement de la Paix.
Le Mouvement de la paix s’indigne de la décision du président de la République, Nicolas Sarkozy, d’envoyer un contingent supplémentaire de 1000 soldats en Afghanistan. « Cette décision est contreproductive et dangereuse non seulement pour l’Afghanistan mais aussi pour la France et la paix mondiale. » a indiqué la coprésidente.
La victoire contre les Talibans ne peut s’obtenir sur le terrain militaire. Depuis près de 7 ans, la preuve en est faite, s’il était besoin : il n’y a pas de solution militaire. Pour les Afghans, la situation empire, famine, misère, corruption, trafic de drogue sont en augmentation ! Quel terrible bilan et quelle publicité pour ceux qui ont endossé l’habit de la résistance : les Talibans.
Par contre, les aides promises par la communauté internationale pour la reconstruction constituent une fraction de ce qui est dépensé pour les opérations militaires. Sur les 25 milliards d’aide promise, seuls 15 sont parvenus à Kaboul. Pour Oxfam, cette aide est "gaspillée, inefficace et non coordonnée". Mais pour faire la guerre, les Etats-Unis ont déjà dilapidé 127 milliards de dollars…La persistance des combats, c’est évident, nuit aux efforts en faveur de la reconstruction et du développement du pays. Alors que le bilan sur l’échec de cette stratégie est unanime, la France doit user de son poids politique pour peser en faveur de la démilitarisation de l’Afghanistan et d’une véritable aide de solidarité internationale.
Or, c’est exactement le contraire qu’elle s’apprête à faire en perdant de plus toute capacité d’initiative dans un alignement inconditionnel sur la politique des Etats-Unis et sur l’Otan. Une véritable stratégie de défaite ! « Les Français l’ont compris puisque deux sur trois s’opposent à l'envoi de troupes supplémentaires en Afghanistan, et 65% estiment que les Etats-Unis et leurs alliés ont tort de faire la guerre en Afghanistan. C’est eux qui ont raison » a affirmé Arielle Denis.Face à ses alignements répétés sur la politique des Etats-Unis et à la perspective de réintégration totale de l’Otan, face au projet d’envoi de renforts en Afghanistan, et dans la perspective de la publication du nouveau Livre blanc sur la Défense, le Mouvement de la paix appelle à un grand débat citoyen.
Pour le retrait des troupes et en faveur d’une véritable solidarité internationale avec l’Afghanistan, le Mouvement de la Paix appelle à se mobiliser sans attendre et appelle ceux qui partagent ses préoccupations à une initiative commune.
Communiqué du Mouvement de la Paix
Saint-Ouen, le 1er avril 2008
La France, l’OTAN et l’Occident
Par Hajnalka VINCZE publié le vendredi 11 janvier 2008
Dans son “Rapport sur la France et la mondialisation”, rédigé à la demande du Président de la République, Hubert Védrine aborde la question de l’OTAN à l’intérieur du chapitre consacré à « L’option atlantiste/occidentaliste ».
Fort à propos, l’ex-ministre des Affaires étrangères distingue cette dernière de « la politique normale d’amitié et de coopération avec les Etats-Unis », et la décrit comme « une réorientation en profondeur » qui s’inscrit dans le schéma du choc des civilisations : « Menacés, les Occidentaux devraient se serrer les coudes ». C’est en effet l’un des trois arguments le plus souvent invoqués pour plaider la cause du « retour de la France dans l’OTAN ». Après une démonstration de la vacuité de chacun d’eux, Védrine pose la question de la réciprocité – un des thèmes favoris du Président. Dans ce cas précis, l’équation est simple : en échange de son « retour », la France est en droit d’exiger des contreparties substantielles. Si substantielles, ajoutons-le, que l’on peut s’interroger sur les ressorts (aveuglement/ignorance ou calcul habile ?) du mouvement qui vient d’être amorcé par le gouvernement.Trois arguments fallacieux pour le “retour dans l’OTAN”
Dans un « débat mené dans la clarté », comme celui que Védrine appelle de ses vœux, aucun des trois arguments en faveur de la « réintégration » n’aurait de chance de s’imposer. Le premier (cohésion occidentale) est purement idéologique, le deuxième (commodité pratique) est insuffisant et délibérément biaisé, le troisième (espoir d’une influence accrue), s’il est sincère, n’est que le reflet d’illusions naïves.L’Occident en ordre de bataille
Quant à l’appel au rassemblement des Occidentaux sous bannière OTAN/US, Védrine note qu’il « ne peut s’évaluer en avantages/inconvénients puisque c’est un point de principe, presque de doctrine. Il se justifie si la France se pense avant tout comme un pays occidental, avant d’être européen ou original. » D’après la théorie occidentaliste, « au fond nous serions avant tout des démocraties assaillies par les terroristes et menacées par la Chine, le nouveau ‘monde libre’. Il s’en suit que nous ne devrions pas critiquer inutilement les États-Unis, ni nous démarquer d’eux ‘pour le plaisir de nous opposer à eux’. Selon un schéma bien connu, ne pas s’opposer à eux sans motif valable devient vite : ne pas s’opposer tout court ».
En effet, l’argument de la « cohésion occidentale », difficilement séparable de la thèse du « choc des civilisations » du professeur Huntington, est apparu sous sa forme actuelle dès la fin de la guerre froide. Déboussolés après la disparition de l’URSS, l’OTAN/l’Amérique y ont trouvé un nouvel argument pour le maintien sous tutelle des alliés et la préservation d’une organisation qui en fut toujours l’instrument privilégié. Le Secrétaire général de l’OTAN déclare dès 1995 : « Le fondamentalisme islamiste est tout aussi dangereux que ne l’était le communisme. L’OTAN peut contribuer à combattre la menace posée par les islamistes, puisqu’elle est beaucoup plus qu’une simple alliance militaire ».
Or le statut particulier de la France, avec le refus de l’alignement systématique qu’il implique, est à la fois « un problème » du point de vue de la discipline atlantiste et la réfutation éclatante du déterminisme inhérent à la théorie huntingtonienne. Bref, une réaffirmation, au jour le jour, de la possibilité et de l’importance des choix politiques. Selon les résultats d’un sondage Zogby International réalisé dans 6 pays musulmans en automne 2005, le Président français fut de loin le dirigeant politique le plus populaire, et c’est la France que les personnes interrogées ont désignée en premier lieu comme superpuissance souhaitée. De toute évidence, il s’agit d’un atout énorme non seulement pour la France, mais pour tous ceux qui veulent croire en, et œuvrer pour, le dialogue politique. Or c’est cette image qui risque d’être sérieusement écorchée à la suite d’un « retour » en bonne et due forme dans une OTAN dominée par les Etats-Unis.Commodité pratique ?
Le deuxième argument est celui de la « commodité pratique », sur le plan notamment de la formation, des doctrines, et de la fameuse « Interopérabilité ». Il est le plus souvent invoqué par les militaires – et exécuté d’un coup sec par Hubert Védrine. Celui-ci observe que « Des arrangements concrets et satisfaisants ont été trouvés sur chaque point. Des forces françaises participent à plusieurs opérations de l’OTAN. Leur valeur militaire est reconnue. Des entreprises françaises réussissent à remporter les appels d’offres de l’OTAN quand ils sont méthodiquement préparés. »
En effet, depuis la fin de la guerre froide, le positionnement de la France par rapport à l’OTAN s’est largement adapté à la nouvelle donne. Le retrait du pays des structures militaires intégrées (OTAN) de l’Alliance atlantique (dont la France est toujours restée l’un des principaux États membres) s’est traduit notamment par certaines mesures concrètes, qui furent progressivement et partiellement revisitées au fur et à mesure que l’organisation elle-même a redéfini ses missions et son aire de compétence. C’est ainsi qu’aujourd’hui la France participe à toutes les instances intergouvernementales de l’Alliance (sauf le Comité des plans de défense, distinct de la planification opérationnelle, et le Groupe des plans nucléaires), et est même présente dans les états-majors grâce à l’accord Flag to posts de 2004 prévoyant l’insertion (avec donc le maintien sous contrôle national et la possibilité d’un retrait à tout moment) de 110 officiers de l’Hexagone. Sa contribution massive sur le terrain est appréciée de tous, et elle participe également aux trente principaux programmes d’armement/d’équipement de l’OTAN.L’illusion de l’influence accrue
Aux yeux de Védrine, « L’argument de l’influence est le moins convaincant. La France serait – peut-être - considérée à nouveau par les autres alliés, européens et canadiens, comme un allié ‘normal’ et cesserait – peut-être – de faire l’objet de procès d’intention. Sur les États-Unis cela donnerait à la France une influence comparable à celle des autres alliés, c’est-à-dire quasi nulle. » L’illustration la plus parfaite de l’impasse de cette foi naïve dans une illusoire influence nous vient, de façon régulière, du côté des Britanniques. À la suite de la désastreuse politique blairienne, laquelle a poussé l’art du « rapprochement » jusqu’à sa caricature, même le chef du parti conservateur britannique est amené à s’interroger sur ce thème normalement interdit.
En septembre 2006, David Cameron observe que « Si nous continuons comme à présent, je crains que nous ne finissions par combiner le maximum de risques avec le minimum d’influence réelle sur les décisions ». Mais au lieu d’espérer le soi-disant retour à une « relation spéciale » qui, en réalité, a toujours eu la particularité d’être tout sauf réciproque, il aura mieux fait d’écouter le directeur sortant du prestigieux Chatham House. Celui-ci constate, une bonne fois pour toutes qu’ « il a toujours été peu réaliste de croire que des puissances extérieures – aussi loyales soient-elles – puissent avoir de l’influence sur le processus américain de prise de décision ».La seule réelle contrepartie : une défense européenne indépendante
Face aux inévitables pertes en terme d’image et de marge de manœuvre concret, ainsi qu’une opinion publique pour le moins sceptique, Védrine souligne la nécessité d’obtenir, en cas de tentative de « réintégration », des contreparties substantielles. Il identifie deux conditions sine qua non d’un éventuel « retour » : au-delà des postes de haute responsabilité, il convient d’insister sur une « OTAN nouvelle ». Laquelle irait notamment « plus loin dans la reconnaissance de l’autonomie du pilier européen ».
C’est justement les deux exigences posées par le chef de l’État dans l’interview qu’il a accordée au New York Times le 24 septembre dernier. Pour Sarkozy, « il va de soi que si nous devions envisager un tel mouvement, il ne pourrait avoir lieu que dans la mesure où une place serait faite dans les instances de direction, au plus niveau, pour des représentants de la France ». Mais surtout il déclare « conditionner un mouvement dans les structures intégrées par une avancée sur l’Europe de la défense », avec comme objectif « une Europe qui serait capable de se défendre de façon indépendante ».
Le Président renoue donc avec l’idée selon laquelle il y a au fond une harmonie entre le partenariat transatlantique tel qu’il s’incarne dans l’OTAN et l’autonomie européenne. Dans son discours devant les ambassadeurs, il explique que « Les deux vont ensemble. Une Europe de la défense indépendante et une organisation atlantique où nous prendrions toute notre place. » Tout le monde n’est pourtant pas du même avis. Certainement pas l’américain Robert D. Kaplan, rédacteur en chef de Atlantic Monthly, pour qui « l’OTAN est à nous de diriger, contrairement à l’Union européenne de plus en plus puissante. Permettez-moi d’être encore plus clair sur une chose à propos de laquelle les politiques et les experts préfèrent ne pas être clairs. L’OTAN et une défense européenne autonome ne peuvent pas prospérer toutes les deux ».La leçon de la « bataille de Naples »
C’est à peu près ce qui est ressorti aussi de la première tentative de « retour dans l’OTAN », plus connue sous le nom de « bataille de Naples ». Au tout début de son premier mandat, le Président Chirac a lui-même proposé que la France revienne dans l’organisation militaire – en échange d’une affirmation plus marquée de l’identité européenne de défense à l’intérieur de l’Alliance (la seule instance imaginable à l’époque pour une telle initiative). Dans cet esprit, un projet franco-britannique, adopté en juin 1996 lors de la réunion ministérielle de l’OTAN à Berlin, confère un rôle significativement plus important à l’UEO (Union de l’Europe occidentale) que prévu. Lui permettant notamment de conduire des opérations européennes, avec accès aux capacités de l’Alliance.
C’est dans une atmosphère déjà tendue, avec les Américains parlant de « hold-up » à propos de Berlin, que Chirac introduit la revendication selon laquelle la direction du commandement Sud de l’Alliance (AFSOUTH à Naples) doit revenir à un Européen. En bas de sa lettre du 10 octobre adressée au Président Clinton à ce sujet, il note à la main : « Bill, c’est très important pour moi ». Mais Bill ne daigne même pas répondre. Ou plutôt il le fait, mais à sa manière. En déclarant publiquement que « Les Etats-Unis continueront à être le leader de l’OTAN, en particulier dans la région Sud ». Début 1997, son Secrétaire à la Défense enfonce le clou, lorsqu’il réitère devant le Congrès la réponse US : « C’est non. C’est catégorique. Ce n’est pas négociable ».
Même si les raisons de ce refus américain sont très instructives (en gros : l’attachement à l’unité de commandement, américaine bien sûr, sous déguisement OTAN), on se limitera ici au constat de ses conséquences. Charles Cogan, dans son livre French Negotiating Behavior, appuyé sur d’innombrables interviews avec les protagonistes de l’affaire, arrive à la conclusion que : « Bien que les Français aient été humiliés par le refus brusque et public de la part des Etats-Unis, il semble que les regrets à long terme se trouvent du côté des US. L’intransigeance américaine a condamné les négociations à l’échec, un échec qui a encouragé la France d’insister sur le développement d’une force européenne de défense en dehors de l’OTAN. Comme le remarque Gérard Errera, ambassadeur de la France à Londres et ancien ambassadeur à l’OTAN : ‘Si ces négociations avaient abouti, Saint-Malo [où les Britanniques et les Français sont tombés d’accord sur l’idée d’une défense européenne autonome] aurait pu ne jamais avoir lieu.’ ». Or c’est grâce à Saint-Malo que la donne a radicalement changé : au dogme OTAN en matière de sécurité européenne s’est substituée, en dépit des réactions hystériques de l’Amérique, la cohabitation OTAN-Union européenne.Coup de foudre ou coup de poker ?
Coïncidence ou pas, Sarkozy aujourd’hui se place explicitement dans la perspective d’un « Saint-Malo bis ». Lors de son allocution devant les ambassadeurs, il précise : « Bientôt dix ans après l’accord de Saint-Malo, le moment est venu de lui donner un nouvel élan. » Paris en fera donc sa priorité au cours de la présidence française de l’UE au second semestre 2008, et de sa présidence de l’UEO qui durera, elle, de janvier à décembre. En focalisant précisément sur les deux questions qui constituent, depuis toujours, les deux « lignes rouges » de l’Amérique : « le renforcement des capacités de planifications et de conduite des opérations » de l’UE, et le « développement de l’Europe de l’armement ».
Le moins que l’on puisse dire, c’est que tout en faisant miroiter l’appât du « retour de la France dans l’OTAN », le Président place la barre très haut … Reste à voir s’il l’a fait à dessein. Jusqu’ici, en tout cas, la manœuvre, si elle est conçue dans une cette logique tactique, se présente comme étant plutôt habile. Les propositions françaises en faveur d’un dégel des relations UE-OTAN (renforcement de la coopération et de la transparence) sont un geste de « bonne volonté » à peu de frais. Il ne s’agit, en effet, que de mesures soit symboliques, soit promises à être bloquées dans le bras de fer entre la Turquie (membre de l’OTAN mais non membre de l’UE) et la Chypre (membre de l’UE mais non membre de l’OTAN, et ne participant même pas au programme Partenariat pour la Paix).
Pour l’heure, on constate avant tout un changement de style, qui capitalise sur la lune de miel habituelle suivant chaque élection (rappelons-nous bien que Chirac fut salué à l’époque comme « Le plus américain de tous les présidents français » par la presse anglo-saxonne). Le gouvernement s’emploie à rompre l’image d’une France en opposition systématique – en coupant l’herbe sous les pieds de ceux qui en useraient pour faire barrage à ses initiatives européennes. Au fait, il retourne la charge de la preuve. En annonçant sa disponibilité à une « réintégration », il fait la démonstration de sa sincérité concernant la compatibilité OTAN-UE, c’est donc maintenant aux autres d’en faire autant. En acceptant notamment les conditions françaises sur une défense européenne indépendante. La France mettrait ainsi le camp (euro-)atlantiste face à sa contradiction fondamentale : si les valeurs et les intérêts sont aussi communs, entre les deux rives de l’Atlantique, que l’on prétend, il n’y a aucune raison de faire de l’autonomie européenne un épouvantail. Encore une fois, ce n’est là qu’une hypothèse et pour le moment rien ne confirme que le gouvernement entendent s’en servir pour exploiter toutes les possibilités. En fait, s’il s’en tenait aux conditions qu’il a lui-même fixées, le Président français se retrouverait dans une situation gagnant-gagnant. Ou bien ses exigences sont pleinement acceptées (par un quelconque miracle) et il devient le héros de l’Europe de la Défense, ou bien les Américains font eux-mêmes la démonstration de la volonté de maintien sous tutelle de ce qu’ils considèrent, pour reprendre les mots de Brzezinski, comme leur « protectorat ». Dans les deux cas, la perspective d’un « Saint-Malo bis », à la française, apparaît plus que probable. Sous cet angle, la question de savoir si l’initiative de Sarkozy fut, au départ, inutile ou pas, est secondaire. De même que celle portant sur le caractère délibéré ou inconscient de sa démarche.
La seule incertitude et la vraie inquiétude concernent donc la fidélité du Président aux conditions telles qu’il les avait posées. Sur ce plan, il existe néanmoins un garde-fou précieux : l’opinion publique. Un facteur que Védrine n’a pas manqué de mettre en avant à plusieurs reprises. Il observe notamment, au sujet de l’option occidentaliste que « il est surprenant de constater que cette tentation est forte dans les élites – mais quasiment pas dans la population. [Une telle] réorientation fondamentale n’est pas demandée par l’opinion française qui paraît à l’aise dans la politique de la Ve République dans la longue durée ».Article tiré du numéro 47 de la Lettre Sentinel - Hajnalka Vincze
Afghanistan : Retrait immédiat des troupes impérialistes ! Pas un euro pour la guerre !
A l’initiative de plusieurs organisations un collectif « Afghanistan - Otan : ni guerre - ni alliance militaire, paix-liberté-démocratie » vient de se constituer autour d’une appel que chacun pourra trouver sur le site appelotanafghanistan.org, ainsi que les initiatives prévues. Engager une contre-propagande en réponse à la politique de Sarkozy et des puissances impérialistes nécessite la plus large unité et la clarté politique.
L’attentat qui a eu lieu dimanche dernier contre le président Karzaï au cours même de la cérémonie officielle commémorant le 16ième anniversaire de la fin de l’occupation de l’Afghanistan par l’ex-URSS, revendiqué par les talibans, est symptomatique de la faiblesse du régime qui ne tient que par le soutien des troupes impérialistes. D’autant plus significative que cet attentat survient alors que le parlement prépare une loi s’alignant sur les réglementations religieuses des talibans. Le pouvoir en place avec la bénédiction des troupes occidentales cherche à se donner une assise en faisant des concessions aux religieux. Loin de se renforcer, ils accentuent les tensions au détriment même de la population prise en otage par les différents protagonistes. Nouvelle illustration de l’impasse de la politique des grandes puissances.
L’occupation militaire enfonce le pays dans la guerre et les luttes de pouvoir. Dans ce contexte, la décision de Sarkozy d’envoyer 700 hommes supplémentaires et de réintégrer le commandement de l’Otan a pour principal objectif de renforcer sa position personnelle au moment où la France va prendre la présidence de l’Union européenne. Sarkozy espère obtenir les faveurs des USA pour asseoir la position de la France face à l’Allemagne dans le cadre de la mise en place d’une Europe défense.
C’est ce qui fait dire au PS qu’il sacrifie… l’Europe défense à l’alignement sur les USA. Leur désaccord, s’il y en a un, reste dans le cadre de la politique impérialiste.
Comme le dit l’appel « Nous ne voulons pas d'une France et d'une Union Européenne gendarmes du monde». Cela signifie une Europe qui milite pour la paix et la coopération des peuples en rompant avec les relations de domination impérialiste. Cela signifie exiger clairement le retrait immédiat non seulement des troupes françaises mais de l’ensemble de forces impérialistes.
L’occupation militaire ne vise ni l’instauration de la démocratie, ni la lutte contre le terrorisme ni la libération des femmes. Tout cela n’est que justification démagogique, masque idéologique d’une intervention qui vise à consolider la domination des grandes puissances occidentales.Yvan Lemaitre - Rouge
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Il n’y a pas de réponse militaire aux maux de la France et du Monde
Le président de la République, chef des armées, n’a pas été mandaté pour engager la France dans une guerre de civilisation souhaitée à la fois par George W. Bush et Al Qaïda !
Une guerre qui a déjà fait en 5 ans en Irak 1 173 743 morts dont 4000 soldats américains !Non à l’envoi de renforts en Afghanistan
Les Afghans déjà martyrisés par une guerre interminable (40 ans de combats) n’ont pas besoin de guerriers. Misère, attentat, famine, corruption, trafic de drogue, sont déjà le lot quotidien de ce peuple. N’en rajoutons pas ! C’est de la Paix et d’une véritable solidarité internationale dont l’Afghanistan a besoin. Pourtant Nicolas Sarkozy prévoit que le contingent de 700 soldats engagés pour combattre dans l’est de l’Afghanistan « y sera pour longtemps, jusqu’à la victoire » (discours au sommet de l’OTAN avril 2008). En 2008 les opérations militaires françaises coûteront déjà 400 millions de plus que prévu. Comment financera-t-on cette nouvelle opération ?
Non au retour de la France au sein du commandement militaire de l’Otan
Que va-t-on faire dans cette galère ! La France dispose aujourd’hui d’une liberté qui lui a permis notamment de s’opposer à la guerre des Etats-Unis en Irak. Réintégrer l’Otan après 41 ans de fructueuse indépendance tient de l’imbécile allégeance idéologique et brade d’un coup, l’intérêt de la France, de l’Europe et de la Paix dans le monde. Ce retour au sein de l’alliance nous expose aux actions des groupes terroristes qui trouvent dans la politique de George Bush les meilleurs arguments de leur développement au détriment des populations qu’ils terrorisent. Enfin cette aventure s’accompagnera là encore d’une augmentation des crédits militaires.
La France a mieux à faire
Au moment où le gouvernement inflige des réductions drastiques aux dépenses publiques de l’Etat, les richesses de notre pays continuent d’être dilapidées pour les préparatifs de guerre (nouveaux missiles, nouveaux sous-marins, nouvelle base militaire à l’étranger). Pourtant, les besoins sociaux sont criants ! La France a mieux à faire pour la paix en ouvrant une nouvelle ère des relations internationales et en respectant le Traité de non-prolifération des armes nucléaires. Plutôt que de tester de nouveaux missiles ou de lancer un nouveau sous-marin, la France avec courage, pourrait briser le tabou nucléaire, de la puissance par la force et des dépenses militaires, incompatibles avec les investissements pour un monde plus juste et plus pacifique, voué au développement durable.
Si vous faites partie des 65% de Français qui refusent cette escalade guerrière, faites-vous entendre !
Vous avez besoin de Paix, La Paix a besoin de vous !
Collectif Otan - Afghanistan